Elle lit des romans

J’aimais mieux quand c’était toi, de Véronique Olmi

J'aimais mieux quand c'était toiIl me semble avoir en permanence un deuxième monde posé sur l’épaule. Ou oscillant au-dessus de ma tête. Ce n’est pas une menace. C’est une présence réelle, que je ne prie qu’au théâtre. En dehors du théâtre, je me dois de vivre dans une seule et commune dimension. C’est une trahison perpétuelle. Une impasse.

Même si j’ai lu peu de ses textes (mais j’ai de plus en plus envie de lire tout ce qu’elle a écrit), j’aime la manière gracieuse et délicate avec laquelle Véronique Olmi parle d’amour. Et son dernier roman n’échappe pas à la règle…

La narratrice de ce roman est comédienne. Elle joue la mère dans Six personnages en quête d’auteur, de Pirandello. Mais au moment où commence le roman, elle est assise sur un banc, dans une gare déserte et immobile. La veille, quelque chose s’est passé…

C’est un roman qui donne une impression de flottement, d’engourdissement, presque d’immobilité, comme si on était pris dans le froid intense de février, et il s’en dégage, en tout cas dans toute la première partie, une infinie tristesse, une indicible mélancolie. Le monde de la narratrice s’est arrêté, et on ne sait pas bien pourquoi, même si on le pressent. Evidemment. Mais l’essentiel n’est pas là, l’essentiel n’est pas dans ce qui se passe : tout en délicatesse et en subtilité, le roman tient entièrement sur son écriture. Encore une fois, Véronique Olmi nous parle de passion amoureuse, et ses mon font écho, creusent leur sillon dans l’âme du lecteur.

Ici, le motif de la passion et du manque se mêle parfaitement à celui du théâtre, qui tisse et irrigue tout le texte : le rôle, ce que c’est que de jouer, ce que c’est que d’être juste. Le lien au réel, toujours difficile, des artistes. La pièce de Pirandello offre une caisse de résonance à l’histoire de la narratrice : comme les personnages de la pièce son en quête d’un auteur, elle-même erre en quête d’une fin, d’un achèvement, d’un dénouement.

Un texte court mais riche, émouvant, subtil, comme j’aime.

J’aimais mieux quand c’était toi
Véronique OLMI
Albin Michel, 2015

24 comments on “J’aimais mieux quand c’était toi, de Véronique Olmi

  1. Bernieshoot

    Un texte qui a tout pour me plaire

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  2. J’ai déjà lu 2 de ses livres et j’aime son écriture fluide, simple et si juste. J’avais repéré son dernier et me voilà conquise. Merci.

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  3. J’ai eu beaucoup de mal avec le précédent, la grâce des brigands… Pas sûr que celui ci soit pour moi, mais ce que tu en dis est assez convaincant! A voir!!

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  4. Je n’ai lu que des critiques positives pour l’instant, la tienne y compris 😉

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  5. Je ne dis pas non. Depuis un moment je veux la lire et je ne savais pas quoi prendre. Ce petit livre semble bien…

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  6. la fin m’a semblée trop vite « envoyée, billet bientôt..

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  7. Véronique Olmi parle très bien de la passion amoureuse, charnelle aussi, tu as lu « La pluie ne change rien au désir » ? Mon préféré de l’auteur

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  8. Je voudrais bien, mais j’ai encore un de ses romans dans ma PAL depuis… des années !!!

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  9. Je l’ai enfin lu: il hantait ma pile à lire depuis plusieurs années. Et ce fut un très beau moment, pour l’écriture et la manière riche de construire un personnage toujours en décalage.

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