Elle lit de la poésie

Cantique des cantiques

Cantique des cantiques10. Voilà mon bien-aimé qui me parle et qui me dit : Levez-vous, hâtez-vous, ma bien-aimée, ma colombe, mon unique beauté, et venez,
11. Car l’hiver est déjà passé, les pluies se sont dissipées et ont cessé entièrement.
12. Les fleurs paraissent sur notre terre, le temps de tailler la vigne est venu ; la voix de la tourterelle s’est fait entendre dans notre terre ;
13. Le figuier a commencé à pousser ses premières figues ; les vignes sont en fleur, et on sent la bonne odeur qui en sort. Levez-vous, ma bien-aimée, mon unique beauté, et venez.

J’ai toujours beaucoup aimé le Cantique des Cantiques, pour plusieurs raisons. A vrai dire, c’est le seul texte biblique capable de me toucher, parce qu’il nous parle d’amour, et qu’il nous en parle magnifiquement, avec un lyrisme et une sensualité rares. On l’attribue au Roi Salomon (et d’ailleurs en anglais le texte s’appelle Song of Solomon), personnage particulièrement important pour moi, et peut-être l’a-t-il écrit en pensant à la Reine de Saba (« Je suis noire, mais je suis belle » dit l’épouse, I, 4).

Il s’agit d’un dialogue amoureux entre l’épouse et l’époux, empreint d’amour, de passion et d’une sensualité toute orientale, qui fait appel aux cinq sens : parfums (myrrhe, encens), goûts (vin, miel, fruits, épices), bruits (chants, voix, paroles »), objets visuels (beauté, pourpre, or) et tactiles (la peau).

Un texte d’un érotisme subtil, et que je trouve pour ainsi dire assez païen, n’en déplaise aux exégètes* : car ce dont il est question ici, c’est bien de l’union mystique et fabuleuse du masculin et du féminin, un hieros gamos sublime où l’union physique permet l’union spirituelle.

C’est un texte qui m’inspire parce que, finalement, il dit tout de la communion amoureuse. Et s’il est un seul texte à lire dans la Bible, à mon avis c’est celui-là.

Cantique des cantiques
Traduit de l’hébreu par Pierre Thomas du Fossé (1689)
Mille et une Nuits, 1994

* Comme il s’agit tout de même d’un hapax, très loin de l’austérité habituelle des textes religieux judeo-chrétiens, on lui attribue une valeur symbolique et métaphorique : celle de l’union du peuple Juif avec son Dieu. Moi je veux bien, mais ce n’est pas vraiment ce qui m’intéresse.

(16 commentaires)

  1. L’interprétation faite par Rodolphe Burger est fabuleuse. Ce fut un grand moment, inoubliable. On en ressort avec cette petite chose en plus (je ne trouve pas le mot tellement c’était transportant)

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  2. Un très beau texte de l’ancien testament, effectivement. Il y en a deux trois autres quand même.
    Et ce qui est dans la bible ne peut pas être païen, par défination. Après chacun son interprétation.

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  3. Un très beau texte en effet. Il y a aussi quelques psaumes superbes dans l’Ancien Testament. Et beaucoup de passages poétiques. Tiens, je pourrais rajouter la Bible sur ma PAL, ça fait des années que je me dis qu’il faudrait la lire in extenso.

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