Elle se fait des films

Hook, de Steven Spielberg

hookTu vois, Wendy, quand le premier bébé a ri pour la première fois, son rire s’est brisé en mille morceaux qui se sont tous mis à sauter de-ci de-là. Ce fut le début des fées.

Très logiquement (cela m’arrive), l’autre soir, après avoir revu Peter Pan, j’ai eu envie de revoir cette suite.

C’est une sorte de fanfiction que nous propose Spielberg, dans un univers alternatif où Crochet ne serait pas mort et où Peter aurait décidé de grandir : il a épousé Moïra, l’arrière-petite-fille de Wendy, et est devenu un brillant avocat d’affaires. Il a tout oublié de son passé, et est devenu ce qu’il détestait, l’incarnation de l’esprit de sérieux, un pirate. Il ne tient pas les promesses qu’il fait à ses enfants, il ne s’occupe que de ses problèmes d’adultes, il est devenu Crochet et loupe l’essentiel de la vie.

Il vit désormais en Amérique et n’est pas revenu à Londres depuis dix ans, mais cette année il fait une exception pour noël, et retrouve donc Wendy. Mais Crochet, qui depuis tout ce temps médite sa vengeance, en profite pour enlever les enfants, et Peter doit revenir au pays imaginaire pour les sauver.

Ici, on peut dire que les rôles sont inversés : c’est Crochet qui ne veut pas évoluer et veut rester dans l’immobilité d’un temps arrêté : il a cassé toutes les horloges, et règne sur Neverland où finalement les pirates s’amusent plus qu’autre chose ; c’est lui qui ne veut plus grandir, alors que Peter lui a fini par choisir le principe de réalité (un peu trop, néanmoins). L’interprétation du personnage par Dustin Hoffman est totalement différente de celle de Jason Isaacs et le personnage ne dégage plus aucune puissance sexuelle : c’est un vieil homme qui n’a plus grand chose de la mâle virilité du pirate, mais tient plutôt de la chochotte précieuse avec un Mouche qui lui sert de nounou (et il n’a pas les yeux bleus couleur myosotis (forget-me-not : c’est très symbolique, ça aussi).

Le film joue sur tous les registres : du grand spectacle, et surtout une alternance parfaite entre des scènes très drôle voire parodiques (Crochet-super star acclamé par la foule, Mouche qui lance « Good Morning Neverland » en référence à Good Morning Viet Nam, quand Crochet veut se suicider) et des scènes hautement émotionnelles comme celle où Peter se souvient enfin de tout.

Il y a également de nombreuses références à l’hypotexte de Barrie : des citations comme celle que j’ai mise en exergue, des petits clins d’oeil, mais aussi des choses plus symboliques : le film s’ouvre sur une mise en scène de Peter Pan à l’école de la fille de Peter (et c’est d’ailleurs une petite fille qui joue le rôle titre), et à un moment Wendy explique que c’est en écoutant ses histoires que Barrie a eu l’idée de faire un livre.

Mais la grande réussite du film, c’est aussi son interprétation : j’ai déjà parlé de Dustin Hoffman, mais évidemment Robin Williams est exceptionnel (même si j’ai du mal à le voir sans avoir les larmes aux yeux), Julia Roberts également, parfaite de fraîcheur et d’exubérance en Clochette. Et Maggie Smith géniale en Wendy, d’autant que je trouve extrêmement amusant que dans les deux Peter Pan, il y ait un acteur ayant joué également un rôle important dans Harry Potter, compte-tenu de la proximité entre les deux oeuvres.

Bref, un vrai joli film parfait pour cette période de noël, qui nous invite à grandir, certes, mais sans oublier la part de rêve qui est en nous…

Hook
Steven SPIELBERG
1991

5 réflexions sur “Hook, de Steven Spielberg

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