Elle lit des romans

Fangirl, de Rainbow Rowell

fangirlElle savait que si elle essayait de se justifier davantage, cela ne ferait qu’empirer les choses. Reagan peinerait à croire – voire à comprendre, simplement – que Cath n’était pas qu’une inconditionnelle de Simon : elle était l’une des plus ferventes admiratrices du Mage. Une fan au pseudo célèbre, qui avait son propre fan-club. Si elle révélait à Reagan que ses histoires comptabilisaient chaque fois plus de quinze mille lecteurs, elle lui rirait au nez.

Tout est de la faute de notre bien-aimée Angéla Morelli (non non, je ne cherche pas à me justifier en accusant les autres : vous allez voir, c’est réellement sa faute) : lorsque jeudi dernier est paru mon article sur la fanfiction elle m’a gentiment signalé que c’était justement le sujet de Fangirl et qu’en plus, la fanfiction en question tournait autour d’un personnage ressemblant fort à Harry Potter. Bon. Moi je n’avais pas trop suivi, j’avais entendu parler de ce roman mais je n’avais pas compris que ça parlait de ça. Bref. Il n’en fallait pas plus, évidemment, pour que je veuille le lire là maintenant tout de suite ! Ce que j’ai fait.

Cath est (comme à peu près la totalité de la planète) une inconditionnelle de Simon Snow, un jeune sorcier qui vit dans un monde où un groupe d’enchanteurs, les Mages, luttent contre la Monotonie rampante, une créature maléfique qui tente de débarrasser le monde de toute trace de magie*. Mais elle n’est pas une fan comme les autres : au lieu de se contenter de lire les livres et voir les films, elle écrit des fanfictions dans lesquelles Simon tombe amoureux de son pire ennemi, Baz ; et en attendant la sortie du dernier tome officiel de la série, les lecteurs sont suspendus aux chapitres écrits par Cath sous le titre de Carry On. Or Cath vient d’entrer à l’université, et sa soeur jumelle Wren, bien décidée à profiter (un peu trop) des joies de la vie d’étudiante, refuse d’être sa colocataire : Cath va devoir composer avec la vraie vie, alors qu’elle n’aspire qu’à passer tout son temps dans le monde des mages.

Alors, je passerai assez rapidement sur l’aspect comédie sentimentale de campus : c’est mignon tout plein, il y a des passages aussi choupis et sucrés qu’un paquet de marshmallows, ça fait un bien fou, mais ça ne casse pas non plus trois pattes à un canard, soyons honnête. D’autant que j’ai eu, quand même, un peu de mal avec le personnage de Cath, qui est sympathique mais qui manque un peu d’ouverture, parfois. Disons que si j’ai du mal avec le monde réel, elle c’est puissance 10. Mais elle a du pot : souvent, les nerd, on leur dit que l’amour ne va pas se matérialiser comme ça directement dans leur lit. Et bien elle, si. Enfin Bref.

Non, ce qui m’a vraiment intéressée — que dis-je, passionnée — dans ce roman, et qui du coup a fait que je ne l’ai pas lâché une fois commencé, c’est vraiment la réflexion sur la création et l’écriture. Cath, donc, est vraiment très douée comme auteur de fanfiction ; cela donne d’ailleurs lieu à plein de passages intéressants sur la question : « Tout l’intérêt des fanfics, c’est de jouer avec l’univers de quelqu’un d’autre, d’en modifier les règles fondatrices, de les plier à tes inspirations. L’histoire n’a plus à se terminer lorsque Gemma Leslie s’en sera lassée. Tu peux rester dans ce monde que tu aimes aussi longtemps que tu le souhaites ; aussi longtemps que tu as de nouvelles histoires à raconter… » ;  mais cela suffit-il à faire d’elle un authentique écrivain ? Suffit-il, pour être écrivain, de manipuler des personnages comme un marionnettiste ? C’est une des question que pose le roman. Cath s’inscrit a un cours d’introduction à l’écriture de fiction. Sa prof semble l’apprécier et lui trouver un talent certain, mais tout se gâte lorsque notre jeune héroïne, pour l’un des travaux demandés, rend un texte inspiré de l’univers de Simon Snow : évidemment, l’enseignante n’est pas d’accord. J’ai lu ça et là que l’enseignante méprisait la fanfic, je trouve que c’est un peu exagéré : c’est juste que pour elle, ce n’est pas réellement de l’écriture. En fait, le débat reste ouvert, et c’est intéressant (je ne veux pas spoiler, donc j’arrête là).

En tout cas, j’ai beaucoup aimé ce roman, et en particulier, j’avoue, les passages nous immergeant dans le monde de Simon Snow, dont j’aimerais maintenant, lire les aventures : ça ressemble évidemment à Harry Potter mais pas complètement non plus, donc… (il paraîtrait que Rainbow Rowell se serait attelée à la tâche. Tant mieux)

Fangirl
Rainbow ROWELL
Milady, 2014

* J’appartiens aussi à ce groupe de mages

4 comments on “Fangirl, de Rainbow Rowell

  1. Bien-aimée, vraiment ? Je suis flattée. 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Effectivement, l’un des questionnements les plus intéressants de ce bouquins, c’est la réflexion sur l’écriture et – de surcroit – l’écriture de fanfiction. Je l’ai complètement oublié de le mentionner quand j’ai évoqué le titre sur mon blog, alors je suis bien contente que tu le mette en valeur ici.

    xoxo
    Lily

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  3. Beaucoup aimé Eleanor & Park, il faudrait que je lise celui là !

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