Elle se fait des films

Je t’aime… moi non plus, de Maria de Medeiros

Je t'aime... moi non plusIl n’y aura jamais de bonnes relations entre les cinéastes et les critiques. (Pedro Almodovar)

L’autre soir en cherchant tout à fait autre chose sur ma plateforme de VOD (Les Ailes du désir de Wim Wenders, que je n’ai pas trouvé), je suis tombée sur ce documentaire dont je n’avais absolument jamais entendu parler, et qui s’intéresse aux relations entre les réalisateurs et les critiques de cinéma. Et je me suis dit que c’était sans doute très intéressant.

Et, de fait, ça l’est. Tourné essentiellement à Cannes lors du festival, le film donne tour à tour la parole aux cinéastes (et pas les moindres : Cronenberg, Loach, Almodovar, de Oliveira, Gitaï, Honoré, Wenders, Kaurismaki…), aux critiques et parfois aux attachées de presse (au bord de la crise de nerf) qui font le lien entre les deux. Construit sur la métaphore de la relation amoureuse, il envisage dans toutes ses dimensions la question du cinéma et de sa transmission. Comment travaillent les critiques ? Qu’est-ce qu’un bon film (chacun ayant bien sûr une définition tout à part soi, et certains d’ailleurs le disent bien : un bon film pour l’un est un mauvais film pour l’autre) ? Qu’est-ce qu’un bon critique ? Le cinéma est-il un art (pour les Français) ou un business (pour les Américains) ? Tout critique est-il un réalisateur raté ? Pourquoi devenir critique ? Et puis, les mots qui enchantent et les mots qui blessent, les cadeaux, les regrets…

Ce qui émerge, c’est que la relation entre les deux est pleine de malentendus. Le film s’ouvre sur un Ken Loach qui compare cette relation à celle qu’un chien entretient avec le réverbère sur lequel il lève la patte. On a l’impression d’une guerre des tranchées, entre réalisateurs qui ont besoin d’être aimés et critiques vecteurs indispensables mais parfois injustes. Pourtant, des deux côtés, le même désir pour l’objet cinématographique.

Un bon film, alors ? Et bien oui et non. Oui, parce que le contenu est bien évidemment passionnant, et suscite la réflexion. Mais non, à cause de l’objet lui-même, qui donne l’impression d’un projet de fin d’études monté à l’arrache avec Windows Movie Maker. Les prises de parole s’enchaînent, juxtaposées de manière finalement lassante, les prises de vue sont chaotiques, les plans parfois beaucoup trop serrés, l’ensemble est brouillon, les titres de séquence très rudimentaires, et au final, cela manque de peps. La réalisatrice a dû sentir l’écueil, et du coup s’est escrimée à parsemer ça et là quelques originalités : un journaliste qui s’acharne pendant de longues secondes à actionner sa carte magnétique pour ouvrir son casier, Gérad Lefort de Libé qui manque de tomber de vélo, et, le pire du pire (je n’ai toujours pas compris) : l’interview entière de Serge Kaganski des Inrocks donnée depuis son lit (et puis alors pas dans une chambre du Carlton, vue la déco).

Bref, un film intéressant, souvent amusant, mais qui aurait mérité un enrobage de meilleure qualité !

Je t’aime… moi non plus
Maria de MEDEIROS
2007

4 comments on “Je t’aime… moi non plus, de Maria de Medeiros

  1. Bernieshoot

    parfois les hasards font de belles découvertes ou presque

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  2. OMG ! montage cadrage et cetera via wmm cela ne me donne pas envie… 🙂

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