récits et chroniques

La nuit de Bombay, de Michèle Fitoussi

nuit de BombaySi la vie avait été moins injuste ou en tout cas mieux inspirée, j’aurais peut-être raconté son histoire comme dans les pages d’un magazine. Une success story aux accents exotiques. Loumia Hiridjee, créatrice, avec sa soeur Shama, de la marque de lingerie Princesse tam.tam, au milieu des années quatre-vingt.
Il n’y aurait pas eu de point final.

De Loumia Hiridjee, fondatrice avec sa soeur Shama de Princesse tam.tam, Michèle Fitoussi aurait voulu écrire la success story. Elle aurait aussi voulu en faire son ami. Mais le destin en a décidé autrement. Le 26 novembre 2008, alors que la journaliste doit la rejoindre le surlendemain, Loumia et son mari sont assassinés au cours des attentats de Bombay…

Voilà un récit assez difficile émotionnellement, mais lumineux et indispensable. Tout commence comme une biographie classique : on apprend à connaître Loumia et on s’attache immédiatement à cette jeune femme exubérante et passionnée, un peu fantasque — une belle personne, quelqu’un que l’on a envie d’avoir pour amie. On ne peut, aussi, qu’admirer la force de sa volonté et de son ambition, qui lui a permis, avec sa soeur, de lancer une marque à une époque où les femmes étaient encore moins nombreuses qu’aujourd’hui à entreprendre, une petite marque un peu faite de bric et de broc et qui pourtant devient grande. Une aventure humaine autant qu’économique. Et puis, le couple complémentaire et équilibré qu’elle formait avec Mourad.

Mais l’enjeu n’est pas là, bien sûr, on le sait. Et le récit s’engage sur la voie de l’enquête. Les assassins. L’ironie du sort : Mourad et Loumia n’auraient jamais dû être là, ni au restaurant, ni même à Bombay. L’histoire des dissensions Indo-Pakistanaises.

Toute la soirée des attentats est racontée au présent de narration, comme dans l’urgence. Au maximum, la narratrice retarde le moment de parler de Mourad et Loumia, s’attarde sur d’autres lieux et d’autres victimes. Mais l’horreur est bien là. L’effroi domine, la haine aussi, il faut l’admettre. La douleur et le chagrin : quelques larmes perlent, difficile de faire autrement. Et la révolte, la nausée, quand on apprend à la fin que les assassins sont encore libres, car protégés.

Un récit absolument bouleversant !

La nuit de Bombay
Michèle FITOUSSI
Fayard/Versilio, 2014

challengerl201421/24
By Hérisson

12 réflexions sur “La nuit de Bombay, de Michèle Fitoussi

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