Elle lit des essais

Lignes de vie d’un peuple – Les Catalans, de Henry de Laguérie

lignes de vie d'un peuple« Lignes de vie d’un peuple » est la nouvelle collection imaginée par les Ateliers Henry Dougier, le fondateur des formidables éditions Autrement, et qui a pour ambition de mettre en scène la vie réelle des peuples trop souvent invisibles, au rythme de 12 ouvrages par an pendant 10 ans : dans chaque titre, un auteur francophone sur place, journaliste ou universitaire, choisit un angle, une grille et part à la rencontre de ceux qui vivent et « font » leur pays, ceux qui analysent les métamorphoses de la société et ceux qui les incarnent concrètement, sous forme d’entretiens, de portraits ou d’études de cas. Au programme des parutions : Les Catalans, les Suisses, les Islandais, les Napolitains, les Ukrainiens, les Canadiens francophones, les Brésiliens, les Irlandais, les Roumains, les Polonais, les Écossais, les Anglais, les Sud-Africains.

Pour ma part, je suis allée à la rencontre des Catalans. C’est une région que je connais un petit peu, pour m’être rendue plusieurs fois dans le Val d’Aran me ravitailler en produits de première nécessité, et je projette à plus ou moins court terme d’aller porter mes espadrilles à Barcelone. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu ce petit ouvrage, divisé en quatre grands chapitres.

Le premier aborde le domaine culturel, et la créativité catalane : berceau du modernisme, la Catalogne a vu naître ou a accueilli tous les plus grands artistes, Dali, Gaudi, Picasso, Miró. C’est surtout une région très dynamique, cosmopolite, ouverte et curieuse dans tous les domaines.

Le second chapitre est celui qui m’a le plus intéressée, car il aborde le problème de l’indépendance. Problème complexe, sur lequel je me garderais bien d’émettre un avis, mais dont j’ai mieux compris les tenants et les aboutissants. Néanmoins, j’ai un petit regret : je trouve assez peu judicieux que la voix des unionistes passe par celle d’un ardent défenseur de la corrida, barbarie que, rappelons-le, la Catalogne a récemment interdite ; du coup, pour moi, son discours était dès le départ invalidé par son point de vue. Reste que, désormais, je comprends mieux les velléité d’indépendance de la Catalogne, même si je continue à déplorer la crispation linguistique : pour m’être retrouvée à demander mon chemin à une Catalane ne parlant ni français ni anglais et refusant obstinément de me répondre en espagnol, je trouve ça un peu dommage, mais passons.

Le chapitre suivant aborde l’économie et ce que l’on peut appeler le « glocal », c’est-à-dire à la fois une ouverture sur le monde et un enracinement très local, exemples à l’appui, comme Desigual.

Enfin, le dernier chapitre traite du « vivre ensemble » à l’heure de la crise.

Voilà un livre qui m’a enchantée, intéressant et enrichissant à la fois. Si tous les ouvrages de la collection se valent (et il n’y a pas de raisons d’en douter), ce sera un formidable outil pour voyager autrement et réellement aller à la rencontre des habitants des pays que l’on visite. J’ai hâte de lire celui sur les Anglais que j’aime tant !

Les Catalans
Henry de Laguérie
HD, lignes de vie d’un peuple, 2014

(8 commentaires)

  1. Cette collection à l’air passionnante. Je risque d’offrir le livre sur les Catalans à mon copain qui est un barcelonais de coeur et de m’acheter celui sur les Suisses, histoire de voir ce qu’on dit de nous 😉

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  2. Une vraie trouvaille on dirait !
    Au passage bien d’accord sur le rejet absolu de la corrida
    La question de l’indépendance est crucial et dans l’air du temps, ç’est un vrai sujet !
    La crispation linguistique est logique : il s’agit,  » toujours « , de défendre ( peut être dans l’exemple ici d’une façon absurde ) SON histoire et la langue en est le socle !
    j’ai bien envie de m’offrir la série en commençant par le canada français ou là aussi la langue est un enjeux mais est il question du Québec ? ou plus du canada francophone à peine plus vaste ….
    Cordialement

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  3. Pour ce qui est de la corrida et de son abolition en Catalogne, il y a quelques catalans de Barcelone qui avouent avec leur sens inné de la contradiction frondeuse, qu’il serait hypocrite de ne pas prendre en compte que l’opposition à la corrida était aussi une opposition à une tradition…espagnole.

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