Elle bavarde

Entretien avec… Gilles Paris

Gilles ParisSamedi dernier, Gilles Paris était à la librairie Passion Culture d’Orléans, pour faire la promotion de son joli roman L’été des luciolesJ’en ai profité pour le questionner un peu…

Les narrateurs de tes romans sont des enfants. Pourquoi ce choix ?

Le prochain sera aussi un enfant, un petit Maxime de 9 ans. C’est un âge où on ne juge pas, où on essaye de comprendre : pour moi, c’est la définition même de la tolérance. Après, plus on grandit et plus on a un avis tranché et hâtif. Si seulement on pouvait garder cette fraîcheur, ce naturel en grandissant… j’ai envie de revenir vers ça, de dédramatiser les conflits, la maladie, la mort, les situations difficiles. Je suis quelqu’un de très pudique au fond, et il est très difficile pour moi de parler de choses personnelles, de ma vie privée. Je ne suis pas pour l’autofiction. J’ai commencé à écrire à 12 ans, et je m’abrite derrière l’enfant pour parler de sujets qui me tiennent à cœur.

C’est très difficile de se mettre dans la tête d’un enfant, de parler comme lui. Comment travailles-tu ?

En fait, ce serait écrire comme un adulte qui serait très difficile pour moi. J’écris vite, et je passe ensuite beaucoup de temps à retravailler. Le plus difficile en réalité, ce ne sont pas les mots ou le vocabulaire, mais la manière de réagir, d’autant que les enfants évoluent beaucoup. Je passe beaucoup de temps avec les enfants, pour savoir comment ils réagiraient. La langue elle-même, je la maîtrise à force de travail. Il y a des choses que je m’interdis d’utiliser, comme les grossièretés.

La maman de Victor tient un blog. Quel est ton regard sur les blogs de lecture ?

Lorsque j’ai créé mon agence en septembre 2006, j’ai très vite compris l’incidence des blogs sur la littérature. Les blogueurs exercent des métiers variés, pas forcément en lien avec la littérature, et ce sont donc des lecteurs qui parlent aux lecteurs, dans un contact direct. Ce n’est plus la presse que l’on reprend, mais les blogs, car les lecteurs ont tendance à avoir plus confiance. Et ils prolifèrent : aujourd’hui il y en aurait plus de 1200, c’est une véritable toile d’araignée ! Il faut aimer les blogs, et lire les commentaires, qui viennent souvent d’autres blogueurs d’ailleurs. Leur curiosité est insatiable, et ils ont une grande liberté dans leurs choix !

Est-ce que tu as des rituels d’écriture ?

Je peux écrire n’importe où, du moment que j’ai mon ordinateur, sur lequel j’ai écrit mes trois derniers romans et qui me sert de porte-bonheur. En écrivant, j’écoute de la musique, je fume comme un pompier et j’ai toujours à portée de main une bouteille d’eau et du chocolat noir. La musique est importante, car elle est une passerelle pour aller vers la littérature, la musique aide à ressentir les émotions. Après, quand je peux, j’aime écrire au bord de la mer, n’importe où mais de préférence loin et isolé. Là, je peux écrire très longtemps, à un rythme très soutenu que j’ai du mal à avoir à d’autres moments.

Quelle place tient la lecture dans ton quotidien ?

Je lis bien sûr les livres que je dois défendre, et j’ai un peu de mal à trouver du temps pour les autres. Mais j’achète beaucoup de livres sur les salons, et je mets à profit les périodes propices comme les vacances pour lire les auteurs amis ou à découvrir.

Tes derniers coups de cœur ?

Il y en a plusieurs : les nouvelles de Tatiana de Rosnay, qui m’ont beaucoup plu par leur manière de traiter les petites lâchetés du quotidien dans un livre qui reste léger et aérien. Un roman de la rentrée : Louise de Julie Goizet chez Leo Scheer, une histoire de famille qui n’est pas sans rappeler Françoise Sagan*. Et puis Mon amie américaine de Michèle Halberstadt chez Albin Michel, qui pose la question de savoir jusqu’où on est prêt à aller par amitié…

Merci Gilles !

* NDLR : nous reparlerons de ce roman en temps utiles

18 réflexions sur “Entretien avec… Gilles Paris

  1. bonjour, bien évidemment arrivé ici après la mésaventure qui vous est arrivé. Il ne faut pas en rester là, c’est très grave pour la liberté d’expression ! Les blogueurs doivent se mobiliser. Avez-vous dans l’idée de lancer une souscription afin dans un premier temps de régler « l’amende » (on a entendu parler de 2500€) et dans un deuxième temps de conte attaquer ? En tout cas nous relaierons votre mésaventure sur notre blog.
    Amicalement

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  2. Comme beaucoup d’autres j’imagine, la polémique m’aurait permis de découvrir votre intéressant blog. De tout coeur avec vous, et vive la liberté d’expression !

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  3. Merci pour cette jolie rencontre dont tu rends ici compte. Un auteur qui a l’air bien sympathique, et dont je lirai avec plaisir le roman si l’occasion se présente !

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  4. Bonjour, quelle chance de pouvoir rencontrer cet auteur et de pouvoir l’interroger ! La dernière fois que j’ai rencontré des auteurs je me suis contenter de faire dédacer mes livres.. j’étais trop intimidée et je me sentais trop nulle pour pouvoir leur poser la moindre question!
    Il sort quand ce prochain livre?

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  5. Pingback: Louise, de Julie Gouazé | Cultur'elle

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