Elle lit des anthologies

Aphorismes, d’Oscar Wilde

Oscar Wilde AphorismesComme je suis dans ma période anglaise, j’ai tout naturellement eu envie de me replonger dans les écrits d’Oscar Wilde, qui incarne la quintessence d’un esprit british finalement difficile à définir, et mon choix s’est porté sur ses aphorismes, qui ont cet avantage, en plus d’être brillants, d’être parfaits pour le picorage (ce qui ne m’a pas empêchée de les avaler goulûment).

Il s’agit donc, dans cette édition, de la traduction partielle des aphorismes de Wilde tels qu’ils ont été édités au départ par Arthur L. Humphrey en 1904, soit 4 ans après la mort de l’auteur, et eux-mêmes s’appuyant sur un recueil paru en 1895 et publié sous le nom de Sebastian Melmoth. Tous ces aphorismes sont tirés des oeuvres de Wilde.

Et, évidemment, c’est brillantissime : tout le don de la formule, qui est l’une des grandes qualités de l’auteur, s’épanouit ici et forme comme un puzzle de la philosophie wildienne. C’est parfois très cruel et misogyne, souvent désenchanté et désabusé, la plupart du temps frappé au coin du bon sens (« Recommander aux pauvres d’être économes est à la fois grotesque et insultant. Cela revient à conseiller à un homme qui meurt de faim de manger moins »), provocateur et snob (« L’amour romanesque est le privilège des riches et non l’occupation des sans-emploi. Les pauvres devraient être prosaïques et avoir le sens pratique »), paradoxal (« Nous vivons à une époque où le superflu est notre seule nécessité »), mais surtout, c’est un éloge de l’hédonisme, d’une manière de prendre la vie de manière légère, mais une légèreté profonde et grave. En bon dandy, Wilde, très baudelairien, fait aussi constamment la comparaison entre le naturel et l’artificiel, toujours à l’avantage de ce dernier : l’art est supérieur à la vie, et tout ce qui importe est de faire de sa vie une oeuvre d’art !

Il a une réflexion magnifique sur la critique, qui correspond tout à fait à ce que je pense moi-même (mais j’aurais eu du mal à le dire aussi bien) : « La plus haute critique est en fait le journal de notre âme. Celui ci fascine davantage que l’Histoire car on y trouve que soi même. Il a bien plus de charmes que la Philosophie car son sujet est concret et non abstrait, réel et non vague. C’est l’unique forme civilisée d’autobiographie car il ne rend pas compte des événements mais des pensées de notre vie, ne rend pas compte des accidents matériels de notre vie concernant les actions ou les circonstances mais des états d’âme et des passions imaginatives de l’esprit. »

Je me suis sentie totalement en accord avec ce texte. Si ça se trouve, j’ai été Oscar Wilde dans une autre vie !

Aphorismes
Oscar WILDE
Mille et une Nuits

2 comments on “Aphorismes, d’Oscar Wilde

  1. gentlemanw

    Lire, c’est aimer les mots. Aimer lire, ce n’est pourtant jamais une overdose.

    J'aime

  2. Ping : Complete short fiction, Oscar Wilde | Cultur'elle

Un petit mot ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :