Elle lit Elle lit des textes biographiques et autobiographiques

Grace Kelly. D’Hollywood à Monaco, le roman d’une légende, de Sophie Adriansen

12408868574_2f4a9337bb_oLes contes de fées racontent des histoires imaginaires. Moi, je suis un personnage vivant. J’existe.

Lorsqu’il y a quelque temps Sophie m’avait annoncé qu’elle travaillait sur une biographie de Grace Kelly, je n’ai pu modérer mon enthousiasme : une personnalité pareille, une histoire pareille, c’est un rêve d’écrivain, mais aussi de petite fille devenue grande.

L’histoire, on la connaît dans les grandes lignes, la qualifiant parfois de « conte de fées » à l’issue tragique : issue d’une riche famille de Philadelphie, Grace Patricia Kelly attrape très vite le virus de la comédie ; après des débuts au théâtre et à la télévision, le cinéma lui ouvre ses portes, et Hitchcock en fait une de ses actrices fétiches. Mais elle met fin à sa carrière en 1956, pour épouser Rainier de Monaco, avec qui elle a trois enfants, et se tue en 1982 dans un accident de voiture.

Ce qui étonne dans cette biographie, c’est la manière dont la vie de Grace semble s’organiser impeccablement en destin, et même en destin romanesque. Tout semble avoir une unité, une continuité, du début à la fin, et sa carrière cinématographique, par bien des côtés, apparaît comme une préfiguration de sa vie de princesse, comme si elle avait répété son rôle. Et d’ailleurs, actrice comme princesse, n’a-t-elle pas été en représentation toute sa vie ? Les signes sont nombreux sur son chemin, de son rôle de princesse dans Le Cygne à l’accident de voiture dans La Main au collet. Tout cela est donc bien troublant, et forcément passionnant : si on lit la vie de Grace comme on lirait un roman, c’est aussi parce que, souvent, on n’a d’elle qu’une image biaisée. Je plaide coupable : je la connaissais bien mal, et j’avais d’elle une image assez éthérée, aussi ai-je été particulièrement étonnée de la découvrir en chasseuse d’homme. Étonnée et charmée : elle n’a pas été sans me rappeler son amie Ava Gardner ou d’autres fascinantes mangeuses d’hommes hollywoodiennes pour qui j’éprouve un certain attachement. Double facette donc que celle du personnage de Grace, d’un côté la blonde hitchcockienne assez froide et distante, de l’autre une vraie femme dotée d’un solide sens de l’amour. Mais aussi double facette de sa vie, finalement : d’un côté le conte tel qu’on l’imagine, le luxe, les fêtes, l’argent ; mais de l’autre, le revers de la médaille, l’ennui, l’impossible intimité, l’abnégation, le renoncement à certaines choses qui font ce que nous sommes.

Lorsqu’on referme le livre, les questions se bousculent : le destin de Grace aurait-il pu être autre ? Que serait-elle devenue si elle avait épousé l’un de ses prétendants qui, à défaut d’être princes, étaient pourtant charmants ? Les sacrifices en valaient-ils la peine ? A-t-elle été heureuse ?

Grace de Monaco restera sans doute longtemps dans l’imaginaire collectif comme l’archétype de la princesse, un modèle pour toutes les autres, de Kate Middleton choisissant une robe de mariée inspirée de la sienne à Charlène obligée de suivre ses pas.

Une lecture résolument passionnante, qui nous fait pleinement entrer dans la légende !

Grace Kelly. D’Hollywood à Monaco, le roman d’une légende
Sophie ADRIANSEN
Premium, 2014

92737225_oBy Val

11 comments on “Grace Kelly. D’Hollywood à Monaco, le roman d’une légende, de Sophie Adriansen

  1. Elle fait partie avec Audrey Hepburn de femmes qui ont une certaine élégance et prestance naturelles.

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  2. J’ai lu beaucoup sur elle car elle me fascinait (nous sommes nombreuses^^) et le revers de la médaille n’était pas vraiment doré ! J’ai même lu qu’elle était devenue alcoolique (du moins portée sur la boisson) et que ses dernières années n’ont pas été d’une folle gaieté ! Mais je crois que Caroline a fait interdire certaines bios qui allaient un peu loin dans cet « envers » mais elle n’a pas pu faire taire les rumeurs de Grace en mangeuse d’hommes… il y en avait trop ! 😆 Ta photo est très belle, je le lirais bien ce livre…plus tard ! 🙂

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  3. Je n’ai jamais lu de biographie la concernant mais j’ai toujours été fascinée par la blonde hitchcockienne (je suis fan du réalisateur). Son destin est vraiment étonnant et tu as raison de souligner ses nombreuses coïncidences entre sa vie et le cinéma.

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  4. quel destin, en effet! Je ne savais pas que Sophie avait écrit ce livre!

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  5. valmleslivres

    Ca ne m’étonne pas que ce soit passionnant. Je l’aimais beaucoup dans les films d’Hitchcock.

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  6. Ping : Grace de Monaco, d’Olivier Dahan | Cultur'elle

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