Elle se promène

Le musée d’Orsay

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En janvier, nous avons emmené les élèves de BTS visiter le musée d’Orsay. Je ne vous en ai pas parlé avant, parce qu’il m’a fallu un certain temps pour décolérer. A vrai dire, ce n’est pas encore tout à fait le cas, mais passons.

Pourquoi décolérer ? Et bien parce que cette visite a, au final, été très décevante.

Nous avions réservé une visite scolaire, ce qui implique qu’elle était « sans droit de réservation », et sur notre bon, il était bien indiqué « visite scolaire ». Or, lorsque nous sommes arrivés, on nous a refoulés de l’entrée groupe scolaires pour nous envoyer vers l’entrée groupe adultes, et on nous a réclamé 40€. La raison ? Les BTS ne sont pas considérés comme scolaires. Alors déjà, je ne suis pas d’accord avec ce principe : ils sont bien inscrits dans un lycée, et en outre, ce n’est pas parce qu’ils ont eu leur bac qu’ils ont soudain plein de sous ; surtout dans l’établissement où j’enseigne. Mais admettons : il me semble tout de même que la moindre des choses aurait été de nous avertir de cet élément, afin que nous puissions en tenir compte dans notre budget. Parce que là, nous avons dû payer 40€ qui n’étaient pas prévus. Heureusement que le musée du Luxembourg avait été arrangeant et nous avait coûté moins cher que prévu. En plus, nous avons été obligés de batailler pour qu’ils ne fassent pas payer son entrée à ma collègue, qui n’avait rien sur elle pour prouver qu’elle était bien enseignante…

Mais passons sur ces petits problèmes administratifs, et abordons la visite elle-même.

Pour ma part, j’avais choisi de laisser mes élèves effectuer une visite libre, au gré de leurs envies. Ma collègue avait choisi un parcours balisé avec son groupe et avait repéré un certain nombre d’œuvres à leur montrer. Làs ! Aucune des œuvres qu’elle avait sélectionnées n’était à l’emplacement indiqué par le site internet. Renseignement pris auprès des autorités, le site n’est jamais mis à jour. Alors qu’il indique une mise à jour quotidienne.

Et puis, en baguenaudant, je me suis rendu compte d’un problème. Habituellement, à Orsay, je vais voir les expositions temporaires et remets toujours la flânerie dans les collections permanentes à plus tard (de fait, mes plannings parisiens sont toujours tellement chargés que j’ai tendance à repousser les trucs qui seront toujours là la prochaine fois aux visites limitées dans le temps). J’avais donc vu quelques salles, mais là j’en ai profité pour essayer de faire la visite sinon à fond, du moins dans les grandes lignes. Et là, je n’ai pas compris le principe d’organisation qui donne l’impression que les tableaux ont été secoués dans un chapeau et accrochés en fonction du hasard de leur tirage au sort : il y a de tout partout, Gustave Moreau voisine avec les préraphaélites, Odilon Redon a une salle qui lui est dédiée mais on trouve aussi ses œuvres un peu partout, bref, je n’y ai guère retrouvé mes petits (je ne parle pas de mes élèves : je n’en ai perdu aucun) dans ce classement ni chronologique, ni thématique, ni rien. Il paraît que c’est un principe de muséologie : il faut « faire dialoguer les œuvres ». Moi je veux bien, mais je me demande quand même ce que peuvent y entendre ceux qui n’ont aucunes bases en histoire des arts et se demandent ce qu’un christ en croix flamand vient foutre à côté d’un paysage impressionniste…

Cherry on the cake (ou goutte qui fait déborder le vase), on n’a plus le droit de prendre de photos. Et ça c’est le truc qui m’agace de plus en plus. Parce que, plus que l’oeuvre elle-même, dont on peut en général retrouver la reproduction facilement, ce qui m’intéresse, c’est aussi de capturer l’ambiance, l’accrochage, le lieu même du musée. Et ça me frustre de ne pas pouvoir le faire. (bon, en même temps, il y a beau y avoir des panneaux un peu partout, j’ai eu l’impression que les gens se moquaient totalement de cette interdiction).

Bref : Orsay, excellent pour les expositions temporaires (ici ou). Copie à revoir pour les collections permanentes et l’accueil des groupes.

27 comments on “Le musée d’Orsay

  1. C’était le coup de gueule du jour… 😉

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  2. C’est un spécial le Musée d’Orsay. Les oeuvres bougent car comme ils refont des salles, certains tableaux se baladent ailleurs. L’accueil est assez sommaire pour ne pas dire expéditif. Les visites guidées sont de qualité moyenne. Je suis aussi souvent déçue par le musée d’Orsay. D’ailleurs, prochainement le musée va augmenter son prix d’entrée en faisant un billet unique expo temporaire et permanente.
    J’ai prix la carte à l’année mais l’adhérant n’est pas spécialement valorisé, voir par du tout. Le touriste est plus rentable.
    Un jolie musée qui n’aime pas trop son public.

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  3. Les tableaux bougent, voyagent. Ce qui est moche, c’est l’accueil. Pas sympa et ce n’est pas la bonne méthode pour appâter les jeunes !

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  4. visite en décembre dernier, avec un ami britannique qui avait envie de « Paris Culturel », et c’est vrai que ce n’est pas génial. L’expo temporaire était bien, mais quand on a une collection pareille, un bâtiment aussi grandiose, ça pourrait être bien mieux ! Personnellement, je préfère les musées britanniques (où j’ai le droit de prendre des photos !), donc beaucoup sont gratuits (les autres étant hors de prix, mais c’est le cas chez nous aussi) et avec un accueil très sympa (je pense au V&A, à la national gallery, et au musée national du pays de Galles à Cardiff, que j’ai hanté énormément !)
    Autre chose pour Orsay, l’accès handicapé ! mon ami à un soucis de santé qui fait qu’il ne peut pas passer sa vie à monter et descendre des escaliers, et l’ascenseur est tellement bien caché à Orsay qu’il a fallu qu’on demande (le gentil jeune homme qui nous l’a indiqué m’a d’ailleurs dit que c’était « super mal fait »… comme quoi !)
    Remarque, le musée de la vie Romantique est splendide, mais l’accueil que j’y avais eu n’était pas chaleureux non plus…

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  5. c’est bizarre en effet, surtout vu la renommée du musée. J’y suis allée il y a quelques années, sans relever ce genre de détails… il faudrait que j’y retourne pour en avoir le cœur net !

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  6. J’ai été très déçue également en y retournant l’an dernier, de voir que les photos n’étaient plus permises. J’ai eu l’impression que la rénovation des salles a surtout été l’occasion de passer au commerce maximum tous azimuts et ce que tu dis du billet couplé à venir est un sale coup .. de quoi dégoûter d’aller au musée.

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  7. milleetunefrasques

    Pffff c’est vraiment agaçant…

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  8. Je suis d’accord avec toi que les problèmes de mise à jour du site et le manque de clarté concernant les tarifs des étudiants sont très pénibles.

    Je ne connais pas les contraintes qui pèsent sur l’accrochage des œuvres à Orsay, mais il arrive que des donations soient faites stipulant que les tableaux d’un collectionneur restent ensemble. C’est le cas au Louvre (dont Orsay est issu) où l’on trouve au second étage une salle magnifique qui est un musée en soi, alors qu’elle réunit des œuvres d’artistes représentés ailleurs et de siècles différents. Surtout, j’ignore dans quelle mesure cette volonté des donateurs est encore acceptée de nos jours. Il paraît que des bibliothécaires sont assez stupides pour faire pareil et se gargariser de laisser ensemble en magasin où personne ne les voit des livres qui étaient ensemble ici ou là, engendrant l’édition d’une nouvelle cote spéciale…

    Enfin, la question de la photographie dans les musées doit être appréhendée à l’aune des abus. Il n’y a plus moyen de voir la Joconde à cause des flashs permanents. A mon idée, si de grandes belles photos numériques des pièces sous tous les angles étaient téléchargeables sur le Net libres de droit, ce serait parfait. On réserverait ensuite des plages au photographes professionnels comme il en existe déjà s’ils veulent prendre des photos de mode dans le musée, ou éditer une carte postale. Et le crétin qui veut juste un cliché pour dire « j’y étais » ne dérangerait plus les autres.

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    • Non mais que les oeuvres bougent, je veux bien, mais à part si elles le font toutes seules la nuit (ce qui serait étonnant), ils peuvent quand même tenir à jour le site.
      Pour les photos, je ne suis pas d’accord : d’abord, la Joconde c’est un cas extrême et unique ; ensuite parce que leurs photos ne seront jamais exactement comme je veux, et de toute façon pas libres de droit et utilisables ici !

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      • Against selfish people and selfies

        J’ai bien dit : libre de droits et utilisables par tous.

        Au cinéma, tu ne photographies pas. Pourquoi au musée ? C’est pénible à la fin. Si tu veux photographier « l’ambiance d’une projection au cinéma », tu y vas en dehors des séances avec des figurants. La Joconde est un cas extrême, mais les photographies intempestives ne sont pas exceptionnelles. Le droit à photographier que tu réclames heurte le droit à simplement profiter tranquillement des œuvres des autres. Egoïste !

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  9. Journée parisienne à venir avec mes BTS, pour laquelle je suis simple accompagnatrice. On m’a prévenue cette semaine, et je n’ai pas encore connaissance du programme. Mais par pitié, qu’on nous épargne Orsay, alors !

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  10. Voilà un moment que je remets une visite des collections permanentes, je ne prends pas le temps de la faire après les expos. Ton billet l’intrigue, il faudra que j’étudie plus en détail ce dialogue entre les œuvres. Je suis également agacée par le fait que l’on ne puisse plus faire de photos (sans flash bien entendu afin de respecter l’intégrité des œuvres), j’avais été furax quand j’avais vu ça au musée Rodin.

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  11. valmleslivres

    Tu fais bien de nous avertir pour le site car pour les sorties, je préparer toujours mes questionnaires grâce aux sites. J’aime beaucoup ce musée mais ce que tu dis est en effet bien dommage.

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  12. Analyse assez intéressante du musée. Le pb c’est qu’il faut du temps pour visiter les temporaires et les permanentes et je suppose que les permanentes sont moins « améliorées » ou touchées que les temporaires car ce sont aussi les temporaires qui attirent du monde en général.

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  13. C’est bien les coups de gueules : ça fait avancer! 😉

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  14. cindy tondeur

    Quelle est la problèmatique qui relit les œuvres entre elles ?

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  15. pralineries

    Si Orsay arrêtait de louer ses œuvres à tout va, tu pourrais peut-être les retrouver dans le musée… Dans le secteur muséal, nombreux sont ceux qui ont remarqué les problèmes que tu soulignes. Je te mets un petit lien vers un article qui dénonce ce genre de pratiques et leurs effets dramatiques : http://www.latribunedelart.com/les-expositions-locations-du-musee-d-orsay-menacent-les-collections
    Quant a fait de prendre des photos dans le musée, cela n’a jamais gêné grand monde, il faut arrêter avec cette idée. C’est quand même pas bondé au point qu’une photo dérange les autres visiteurs ! Et le cas du musée d’Orsay est tellement aberrant (le musée qui partage sur les réseaux une photo de Rihanna, façon selfie, devant l’Olympia alors qu’il interdit la photo, c’est pas très cohérent) qu’une commission débat sur la place de la photo dans les musées.

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