Elle se fait des films

My Fair Lady, de George Cukor

936full-my-fair-lady-poster I’ll take it. I’ll make a duchess of this draggle-tailed guttersnipe

Quoi de mieux qu’une bonne comédie musicale pour entrer dans cette période de Noël ?

A Londres, au début du XXème siècle, au cours d’une averse, Eliza Doolittle, une pauvre fleuriste de rue, subit les railleries du professeur Higgins, qui se moque de son accent cockney. Mais le lendemain, elle se rend chez lui et demande au prétentieux professeur des leçons de phonétique afin de parler comme une « lady dans une boutique de fleurs » et de pouvoir s’élever un peu dans l’échelle sociale. Le colonel Pickering, ami et collègue du professeur, propose un pari à ce dernier : transformer suffisamment Eliza pour la faire passer pour une grande dame raffinée lors d’une réception à l’ambassade de Transylvanie, quelques mois plus tard. Higgins relève le défi et installe la jeune fille chez lui…

Ce film, adapté d’une comédie musicale elle-même adaptée de la pièce Pygmalion de George Bernard Shaw, est un véritable petit bijou, fondée sur une idée assez intéressante : la langue et la manière de l’utiliser, discriminantes, montrent à quelle classe sociale on appartient. Eliza, de basse extraction, massacre la langue de Shakespeare tout comme Ribéry peut massacrer celle de Molière aujourd’hui. Higgins, lui, est un puriste doté d’une oreille absolue qui lui permet de deviner exactement d’où chacun vient rien qu’en l’entendant dire trois mots. Et la confrontation entre les deux est tout à fait jubilatoire : Eliza pleine de verve et de caractère d’un côté, Higgins, tyrannique et misogyne de l’autre (« I prefer a new edition of the Spanish Inquisition / than to ever let a woman in my life« ), c’est la lutte des classes et la guerre des sexes en même temps, pour notre plus grand plaisir. Higgins se veut Pygmalion, il joue à la poupée et façonne la jeune femme à sa guise, mais il apprend aussi, l’irréductibilité homme/femme (« Why a woman can’t be more like men ? »), et l’amour…

Car oui, c’est une histoire d’amour, entre un vieux garçon imbuvable et une jeune gouailleuse assez insupportable qui devient papillon, quelque chose entre Cendrillon et Pretty Woman qui pétille d’énergie. Certaines scènes sont anthologiques : les courses à Ascot connues pour les chapeaux improbables de celles qui y assistent, le bal à l’ambassade avec une Hepburn en robe Cecil Beaton qui serait plus que parfaite pour moi (oui !).

Esthétiquement, la facture du film reste très théâtrale, très Broadway, dans les décors et les chorégraphies, on a l’impression d’être dans une maison de poupée, et cela contribue au charme fou de ce film.

Bref, un très joli moment qui fait passer en douceur le dimanche soir…

My Fair Lady
George CUKOR
Etats-Unis, 1964

12 réflexions sur “My Fair Lady, de George Cukor

  1. Très jolie comédie romantique en effet. En revanche je regretterai éternellement la dernière phrase : ‘Eliza? Where the devil are my slippers?’ , aussi inconséquent cela soit-il, ça m’a toujours beaucoup agacée 😉

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  2. Moi aussi j’adore !!! Mon mari me l’a offert et je n’ai même pas encore pris le temps de le revoir… (il faut dire que mon homme ne l’aime pas et que chaque fois que je le propose c’est caduc… Je finirais par le regarder toute seule une après midi, na ;0)

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