Un homme ordinaire, d’Yves Simon

11082049833_8cfc174360_oPourquoi faut-il attendre tant de temps pour oser prononcer les mots justes ? Le temps de la mort, celui des silences, le temps de l’absence ? Attendre que l’arrogance de la jeunesse se soit adoucie et que l’ajustement du regard et des mots vise ce qui a compté et non ce qui a manqué.

Vous le savez, j’aime énormément Yves Simon, dont les mots toujours justes me touchent énormément. Mais j’ai tendance à le préférer dans l’autofiction que dans le fictionnel pur (d’ailleurs, je ne vous ai pas parlé du dernier roman que j’ai lu de lui, car je n’avais rien de spécial à en dire). Dans ce texte, paru dans la collection les Affranchis,  il se met totalement à nu, avec beaucoup de sincérité et d’honnêteté.

C’est à son père que le narrateur adresse cette lettre émouvante. Un père qu’il a mal aimé, à qui il a peu parlé, un père dont il a eu un peu honte, parfois. Un père cheminot, mort d’un cancer lorsque le narrateur avait vingt ans. Un père qui lui a donné l’essentiel : l’amour.

Parce qu’Yves Simon parle beaucoup des femmes, il a beaucoup écrit sur sa mère, une de ses Éternelles, sans doute la plus importante ; mais il n’avait jusqu’ici que très peu parlé de ce père grâce à l’amour inconditionnel de qui il s’est construit. Dans ce texte, Yves Simon arpente le terrain de l’enfance, une enfance pauvre mais digne, qui lui a donné la force de se battre, de ne pas se résigner au destin social et de s’élever. Mais au-delà du biographique, ce texte touche à l’universel : bouleversant, ce texte est un hommage vibrant au Père qui vient réparer une certaine désinvolture de l’adolescent qui se savait promis à un avenir meilleur et n’a pas su apprécier à sa juste mesure cet homme qui semblait se résigner à la pauvreté. La grande sensibilité d’Yves Simon, sa sincérité aussi, permet de dire au plus juste l’amour filial inconditionnel, malgré l’irrémédiable opacité de ceux que nous aimons, et ses mots résonneront en chacun.

Un coup de coeur !

Un homme ordinaire
Yves SIMON
Nil, Les Affranchis, 2011

12 commentaires

  1. jostein59 dit :

    « quand j’étais jeune », j’aimais beaucoup le chanteur et j’ai lu plusieurs de ses livres. Toujours avec beaucoup de plaisir. Oui, je suis de l’époque d’Au pays des rêves de Juliette.
    Cette belle collection Les affranchis ( qui pousse les auteurs dans une belle intimité) est peut-être l’occasion de retrouver cet auteur. Merci pour ce rappel

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    1. L'Irreguliere dit :

      Oui, c’est une très belle collection !

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  2. jerome dit :

    Un coup de cœur, je note avec plaisir !

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    1. L'Irreguliere dit :

      C’est un très beau texte qui pourrait te plaire !

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  3. clara dit :

    je note, comment faire d’autre???

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  4. lorouge dit :

    J’ai beaucoup lu Yves Simon, pour finir par me détacher… Avec celui ci tu me donnes très envie de m’y remettre. je le préfère aussi quand il parle de lui que dans le fictionnel…

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    1. L'Irreguliere dit :

      Oui, je le trouve plus juste…

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  5. geraldinecoupsdecoeur dit :

    Quelle jolie prose, qui vient du fond du coeur, bien digne de l’auteur dont il est question ici.

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    1. L'Irreguliere dit :

      Oui, ce texte est magnifique !

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  6. noukette dit :

    Je ne peux que noter ! J’adore cette collection et ça sera l’occasion de découvrir cet auteur que tu aimes tant !

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    1. L'Irreguliere dit :

      J’espère que tu aimeras !

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