Elle se promène

Désirs et volupté à l’époque victorienne, au musée Jacquemart-André

285455_desirs-volupte-a-l-epoque-victorienne-paris-08Je n’étais jamais allée au musée Jacquemart-André. Ce n’est pas faute, pourtant, d’arpenter souvent le boulevard Haussmann. Mais, on pouvait s’en douter, cette exposition m’a irrémédiablement attirée, nonobstant le prix franchement excessif de l’entrée (11€, ce qui comprend aussi la visite de l’hôtel particulier, mais j’ai pris la détestable habitude de ne plus payer pour visiter les expositions ou d’avoir un tarif réduit ; je signale en outre qu’il faut payer pour avoir le fascicule d’aide à la visite, ce qui est assez inédit ; mais bref).

Avant de pénétrer l’exposition proprement dite, le visiteur peut arpenter à loisir le magnifique hôtel particulier né de la passion d’Édouard André et de Nélie Jacquemart, son épouse, et leur collection composée d’œuvres majeures des plus prestigieux artistes de la Renaissance italienne, des grands maîtres de la peinture flamande ou encore de ceux de la peinture française du XVIIIe siècle. J’ai surtout été très impressionnée par l’architecture elle-même, absolument stupéfiante, et notamment le monumental escalier :

Jacquemart-andré

Mais venons-en à l’exposition elle-même, qui était l’objet principal de ma visite. Le principe est de montrer comment, à une époque marquée par le puritanisme, les peintres expriment à travers leur sensibilité un art qui contraste avec la rudesse de cette époque et sa rigueur morale : retour à l’Antiquité, femmes dénudées, peintures décoratives somptueuses, compositions médiévales, expressions poétiques et symboliques héritières des préraphaélites… le sujet de ces peintres est la femme. Son corps n’est plus entravé comme dans la vie quotidienne, mais symbolise une féminité idéale, objet de désir : sorcières, femmes fatales, héroïnes amoureuses, beautés classiques. Connus ou moins, les peintres exposés célèbrent le « culte de la beauté », et c’est un véritable régal pour les yeux : Lawrence Alma-Tadema, Edward Burne-Jones, John William Godward, Frederick Goodall, Arthur Hughes, Talbot Hughes, Frederic Leighton, Edwin Long, John Everett Millais, Albert Moore, Henry Payne, Charles Edward Perugini, Edward John Poynter, Dante Gabriel Rossetti, Emma Sandys, Simeon Solomon, John Strudwick, John William Waterhouse et William Clarke Wontner, autant d’artistes aux sensibilités constrastés mais qui savent rendre hommage à leur idéal de féminité.

J’ai, évidemment, été très touchée par cette exposition. Certaines oeuvres (Les roses d’Heliogabale d’Alma-Tadema notamment) m’ont littéralement envoûtée, j’ai pris beaucoup de plaisir à voir de près quelques oeuvres de mes chers pré-raphaëlites et j’ai aimé découvrir des artistes dont je n’avais jusqu’alors pas entendu parler. En outre, l’exposition n’est pas trop encombrée, on peut circuler facilement et rêvasser à loisir. Mais je suis tout de même restée un peu sur ma faim, malheureusement…

Sir Lawrence Alma-Tadema, Les Roses d'Heliogabale (1888)
Sir Lawrence Alma-Tadema, Les Roses d’Heliogabale (1888)
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John W. Waterhouse
Le Philtre d’amour (1906-1907 ou 1913-1914)
La boule de cristal (1902)

Désirs et volupté à l’époque victorienne
Collection Pérez Simon
Musée Jacquemart-André
Jusqu’au 20 janvier 2014

19 comments on “Désirs et volupté à l’époque victorienne, au musée Jacquemart-André

  1. Et quelle faim, justement ? 🙂

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  2. j’aurais beaucoup aimé y aller. Je n’ai hélas aucune culture générale en histoire de l’art…

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  3. Quelle chance de n’avoir pas eu trop de monde et la possibilité de photos !
    Les expositions du musée Jacquemart André sont souvent très belles mais très prisées et comme les espaces sont un peu étroit, j’ai personnellement tendance à les éviter ! Mais là, tu me donnes envie.
    En matière d’hôtel particulier dans le même quartier, je te conseille vivement le Musée Nissim de Camondo, un endroit où je rêve souvent de me trouver enfermée tant il semble y faire bon vivre avec une vue sur le Parc Monceau et une bibliothèque à faire pâlir d’envie !
    Bonne fin de semaine
    Anne

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  4. Voilà un musée que je ne connais pas du tout. Je note !

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  5. valmleslivres

    Visite prévue pendant les vacances de Noël. J’ai hâte (aussi d’acheter les objets associés à l’exposition).

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  6. Cette expo est sur ma liste des expos à faire d’ici janvier. Je ne suis même plus choquée que les expos coûtent se prix là car c’est toujours le cas à Paris.
    Tout comme toi, je n’ai encore jamais visité ce musée.

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  7. C’est une toute petite expo, mais j’ai été charmée. En revanche, le musée était un peu trop rempli à mon goût étant donné la taille des salles ; ça ne rend pas facile la circulation et la contemplation des oeuvres .

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  8. Cette expo me tente également beaucoup !! En prévision très prochainement donc …

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  9. Je suis entièrement d’accord avec ton billet. Jacquemart-André est beaucoup trop cher (d’autant plus que souvent les expo sont un cheap…). Celle-ci est intéressante et j’ai pris beaucoup de plaisir à voir les oeuvres de Waterhouse et j’ai découvert avec ravissement « Les roses d’Héliogabale ». Néanmoins je suis restée sur ma faim, l’expo du musée d’Orsay sur la même période était tellement plus complète et riche.

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  10. Ping : Héliogabale : Enfant-roi, empereur de la décadence

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