Romans

Kamouraska, d’Anne Hébert

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Quand un homme et une femme ont ressenti cela, une seule fois, dans leur vie. Ce désir absolu. Comment peuvent-ils désormais vivre comme tout le monde : manger, dormir, se promener, travailler, être raisonnables ?

Lorsque j’étais à la fac, j’avais un prof de littérature française qui était québécois et qui nous faisait travailler sur la littérature francophone. Je n’étais pas toujours d’accord avec lui (il détestait les comparatistes et ne loupait pas une occasion d’en dire du mal. Or je suis moi-même comparatiste), mais le fait est que j’ai découvert grâce à lui nombre de textes qui ont fait forte impression sur moi, notamment ce roman, que j’ai eu envie de ressortir de ma bibliothèque à l’occasion du challenge « Québec en septembre » de Karine.

Nous sommes à Québec, au milieu du XIXème siècle. Monsieur Rolland va mourir, et sa femme le veille. Du moins en apparence : car si elle est là physiquement, sa conscience torturée depuis nombre d’années l’emmène très loin dans le passé…

C’est toujours étrange de relire un texte qu’on a découvert lorsqu’on était très jeune : la vie et les expériences sont passées par là, infléchissant le point de vue. A 20 ans, la passion amoureuse ne m’avait pas encore atteinte, et si j’avais aimé cette histoire où l’amour est vécu comme une valeur absolue, je n’en avais sans doute pas saisi toutes les subtilités. Car ici, dans un tableau plus impressionniste que narratif, Anne Hébert nous plonge dans une conscience hallucinée, où la mémoire se nourrit de la culpabilité et où les événements défilent sous les yeux de l’héroïne, Elisabeth, comme dans un film. Les valeurs de l’honneur et de l’amour s’opposent dans une société étouffée par les convenances, et les choix des personnages, parfois moralement condamnables, s’imposent pourtant avec évidence.

Un magnifique roman, où les influences littéraires se mêlent à des réflexions sur l’amour que je suis enfin à même de comprendre…

Kamouraska
Anne HEBERT
Seuil, 1970

Quebec-en-septembre-2013--2By Karine

16 réflexions sur “Kamouraska, d’Anne Hébert

  1. Anne Hebert fait partie des auteurs québécois que j’ai l’intention de découvrir. J’espère que le challenge sera renouvelé l’an prochain, car sans cela il y a de fortes chances pour que je ne le fasse pas.

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  2. Je me demandais pourquoi tu avais ressorti ce roman… maintenant, je sais. Du coup, je me dis que je vais peut-être moi aussi le ressortir de la bibliothèque pour le relire avec un autre regard !

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  3. Tu as raison, c’est une excellente chose de relire un texte qu’on a découvert lorsque l’on était très jeune. Je viens de relire le « Demande à la poussière » de John Fante lu une 1ère fois il y a 20 ans et j’ai adoré ça !

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  4. Est-ce que tu pourrais brièvement me dire ce que toi tu appelles une comparatiste, parce que j’aimerais comprendre les guerres de chapelles ? Merci (la question est sérieuse).

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  5. Pingback: Québec en septembre 2013 – le bilan |

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