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Vanity Fair

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A l’heure où l’édition américaine de ce magazine mythique fête son centenaire, nous découvrons le premier numéro de sa version française, placée sous la direction de Michel Denisot, qui voit ce magazine, « mariage de l’information et du glamour », comme un moyen de comprendre son époque et de ralentir le temps.

Il s’agit d’un très beau magazine, très luxueux, au papier glacé, bien épais, assez semblable de prime abord à son frère Vogue. En couverture s’affiche une Scarlett Johansson glamour mais photoshopée à outrance. J’avoue que je regrette ce choix, et je ne suis pas la seule : pour le premier numéro de l’édition française, n’aurait-il pas été plus intéressant de choisir une personnalité française elle aussi ? En outre, si Scarlett est glamour, elle est aussi d’une bêtise affligeante, comme le montre sa récente plainte contre Grégoire Delacourt. Pour un magazine se voulant chic et intelligent, c’est un peu dommage, tout de même.

Mais passons au contenu. Alors oui, il y a de la pub, beaucoup (pubs pour des marques de luxe, en général plutôt esthétiquement travaillées), mais il y a surtout du contenu, et quel contenu : il est rare que je lise un magazine de la première à la dernière page, d’habitude je picore, mais là, tout m’a intéressée. Des articles variés, instructifs, bien écrits, qu’ils traitent de l’histoire de Vanity Fair aux Etats-Unis, de la tuerie de Columbine, du désamour de Hollywood pour les stars, ou encore de la culture française du pessimisme. A côté d’articles de fond, des petites trouvailles plus rigolotes comme le « Pop up » qui nous explique ce qui s’est passé dans la culture pop et où l’on apprend que le cupcake est en crise ( damned !), un article où Alain Badiou fantasme un scénario sur Platon avec Brad Pitt dans le rôle titre, un entretien fictif entre Atiq Rahimi et Marguerite Duras. La plupart des articles sont terminés par un encadré « en savoir plus » qui contient, notamment, des informations bibliographiques. Et puis, tout de même, des pipoleries et de la mode, mais pas n’importe comment : la série mode par exemple, orchestrée par Virginie Mouzat, est inspirée de tableaux de Balthus.

Mon seul regret en fait, c’est qu’ils aient mis Elisabeth Philippe aux pages littérature, que du coup il est probable que je sauterai régulièrement, puisque cette critique est l’une des deux raisons pour lesquelles je ne lis plus les Inrocks (la deuxième étant Nelly Kaprièlian). Ceci dit, soyons honnêtes, les pages en question étaient intéressantes mais ne constituaient pas vraiment de la critique littéraire. Ceci dit, je reste persuadée que Vanity Fair aurait dû m’engager moi.

En somme, ce magazine est donc pour moi une très très belle découverte. J’ai aimé cette alliance de culturel, de haut de gamme, de luxe et de superficiel, qui est tout à fait en phase avec mon propre art de vivre. D’une haute exigence intellectuelle d’un côté, d’un fort potentiel chic et glamour de l’autre, Vanity Fair est un magazine stimulant intellectuellement en plus d’être esthétiquement agréable, profond sans être pédant, glamour sans être snob, impertinent et drôle. Bref, un magazine parfait pour moi !

Vanity Fair
Conde Nast
2€ (prix de lancement)

42 réflexions sur “Vanity Fair

  1. C’est vrai, ils auraient dû t’engager, avec un article comme celui-ci tu nous donnes l’envie de l’acheter sans attendre.

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  2. Voilà qui pourrait presque me réconcilier avec les magazines dont je ne suis pas du tout adepte, à l’exception de quelques revues d’art.
    Par contre, je te rejoins sur la couverture. je ne porterai pas de jugement sur la star que je ne connais pas autrement que par certains films mais l’idée de sortir une version française avec une star américaine, c’est nul !
    Mais l’alliance culture sans snobisme, chic et glamour est assez alléchante.

    Tu vas être surbookée entre le remplacement de Busnel et les pages critiques littéraires de Vanity Fair 🙂
    Bon week-end
    Anne

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  3. J’essaie d’y avoir accès depuis mercredi. Mais mon Jules le squatte, j’ai réussi a picorer. C’est vraiment un très beau magazine, le papier glacé, les photos, les quelques articles que j’ai réussi à lire notamment celui sur retour à Columbine. Et la pub Chanel qui m’a appris la relation particulière de Chanel avec les camélias, c’est bien la première fois qu’une pub me pousse à chercher plus. Un très beau magazine à laisser trainer sur la table du salon ! (quand Monsieur voudra bien sans dessaisir)

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  4. Je ne savais pas tout ça, merci ! Je suis curieuse de le tenir entre mes mains et de le feuilleter du coup.
    Et j’espère que Vanity Fair entendra ton message et t’engagera 😉 Voire les Inrocks, à la place de Nelly (dont les chroniques me tapent sur les nerfs, comme les Inrocks en général après deux ans de fidélité) (les chroniqueurs ciné ont vraiment fini par me lasser) (j’arrête les parenthèses).
    Bon week-end.

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  5. Le ton de l’article est frais, sur ce sujet couvert par tous les médias j’ai bien souri en lisant la description de Scarlett glamour et écervelée…
    Je ne picore plus dans la presse féminine, qui me démoralise complétement et aspire toute énergie ou idée un brin subversive. J’en ressortais presque misogyne.

    NowMadNow

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  6. Scarlett Johansson ne sait peut-être même pas que son agent a déclenché des poursuites en son nom, et lui peut l’avoir fait pour des raisons très variées. Cela ne l’empêche pas d’être cruche. Et comme en plus elle est d’une laideur porcine à mes yeux, je ne comprends pas pourquoi on fait tout ce foin avec elle. Quant à Badiou, c’est une immonde raclure stalinienne et comme tel aveuglé par sa haine d’Israël. Ce n’est pas demain la veille que je vais toucher le magazine (sauf s’ils t’embauchent).

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      • Ce n’est pas un a priori concernant Badiou, c’est une réalité dûment observée. Ça ne veut pas dire qu’il soit tout le temps immonde, nul, etc., mais il a dit assez d’horreurs pour que je me détourne de tout ce qu’il dit. Je ne lirais pas non plus un texte supposé génial de Staline sur la musique de Prokofiev, s’il en existait un. Badiou, ce n’est pas un prof qui a eu quelques propos qui ont choqué les pleureuses juives habituelles, comme certains les moquent odieusement. C’est vraiment un sale type aux idées nauséabondes, bien pire que Sartre, qui n’a pas sa place dans le supérieur public, et auquel il est effarant de voir la presse accorder une déférence attentive et une publicité incroyable. Et ne vient pas dire que je vois de la politique partout : Badiou fait de la propagande politique dans ses écrits. Bon week-end.

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          • Non : le Voyage est une œuvre de fiction, pas d’analyse. Ce que tu proposes, c’est équivalent à lire une démonstration de Maths par quelqu’un qui a amplement montré qu’il ne savait pas que 2 et 2 font 4. Cela dit, tu as raison, car il y a des exceptions, ainsi, le meilleur livre sur la Révolution est celui de Pierre Gaxotte, qui est par ailleurs un salopard antisémite de premier ordre (il traitait Blum de « jument palestinienne », ce qui est affreux, même si aujourd’hui c’est très agréable et savoureux qu’un mot antijuif vienne rappeler que la Palestine était unanimement considérée comme aux Hébreux…).

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  7. Bonjour L’irrégulière, j’a été abonnée un temps à l’édition anglaise de Vanity Fair et pendant 10 ans, je me suis procuré l’édition de février ou mars de l’année. Il y avait un portfolio « Spécial Hollywood » avec des photos par Anne Leibovitz. Depuis 2012, j’ai l’impression, que cela ne se fait plus et je le regrette. Toujours est-il qu’il était temps que l’édition française existe. Je l’achèterai de temps en temps. Bonne après-midi.

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  8. Je ne lis pas la presse, à l’exception de Lire, auquel je suis abonnée… Et encore, y’a pas mal de n° auxquels je ne touche pas bcp !

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  9. Je ne suis pas déçue de cette version française! et moi aussi l’histoire du cours du cupcake m’a fait sourire 🙂 tu as vu qu’il y a une offre d’abonnement à 20 euros pour l’années? Bises

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  10. Une bonne première édition. Mon seul souci : les supeeerbes pubs pour des supeeeerbes sacs et chaussures que je ne peux pas m’offrir!

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  11. On l’a pris à la gare en attendant une amie. Pour l’instant seulement feuilleté sur le quai en attendant son train, j’ai été marqué par les 12 (!!!) doubles pages de pub avant le sommaire… Ceci dit, je ne suis sans doute pas objective : j’ai du mal avec cette société de consommation qui nous vend du rêve parfois inaccessible…

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