Ex-Voto, de Xavier Durringer

9124564109_df57a312cf_o

 

Moi, je voulais plus bouger de là, on était bien tous les deux en rase campagne. Je voulais te parler, juste parler avec toi, tout te raconter jusqu’au bout toute ma vie avant toi, tout ce qui s’était passé. Ma vie, c’est un enchaînement incroyable de trucs vraiment sans importance, avec des éclairs furtifs de bonheur et des trucs moins rigolos qui te tombent sur le coin de la gueule, un peu comme la météo. Enfin tout ce qui s’était passé avant toi était balayé d’un seul coup avec ta rencontre.

Ces jours-ci, mue par une motivation qui ne tardera certainement pas à retomber lorsque je serai en vacances, je suis plongée dans ma progression de l’année prochaine : il y a des choses que je garde de cette année, et d’autres que je vais renouveler. Notamment, j’ai envie de changer un peu au niveau du théâtre, et allez savoir pourquoi je me suis mis en tête d’étudier une pièce contemporaine. Je suis donc en pleine exploration. Cette pièce de Xavier Durringer n’aurait probablement pas fait partie de ma sélection initiale, mais il se trouve que je l’avais à ma disposition, l’ayant reçue en specimen, donc j’y ai tout de même jeté un oeil.

Il s’agit d’une pièce très courte (une trentaine de pages) en une seule scène. Dans un No man’s land, Gus et Léa, un couple de marginaux, font la chronique de leur histoire.

Une chose est sûre : cette pièce ne sera pas l’élue. Elle ne manque pourtant pas de qualités : les thèmes abordés, le couple, la société, le déclassement, sont extrêmement intéressants, et la manière dont Durringer travaille la langue de l’intérieur, pour la rendre en quelque sorte étrange à elle même, pourrait donner lieu à de passionnantes analyses. Mais voilà : pour moi ce texte n’a rien de théâtral, puisqu’il est exclusivement constitué de récit : les personnages se racontent l’un à l’autre l’histoire de leur couple (ce qui déjà est peu vraisemblable au départ : les événements ils les ont pour la plupart vécus ensemble…). Evidemment, cela facilite la mise en scène, réduite au minimum (pas de décors, deux acteurs, pas de costume particulier) mais pour moi le théâtre perd de son essence dans tout ce bavardage. Il ne se passe, littéralement, rien sur scène, sauf un peu au début. Que peut donc apporter la représentation comme supplément de sens dans ce contexte ? A mon avis, pas grand chose : le texte ici est plein et se suffit à lui même. Evidemment, on peut toujours imaginer un jeu d’acteur particulier, une scénographie qui accentuerait certains traits, des costumes, pourquoi pas tout de même des décors, on peut toujours, puisqu’on peut même mettre en scène des textes qui ne sont pas théâtraux au départ. Mais enfin je ne suis pas convaincue, d’autant que l’influence de Beckett est ici évidente, et que ce n’est pas le théâtre que j’aime…

Ex-Voto
Xavier DURRINGER
Editions théâtrales, 2000 (Hatier, 2009)

Un petit mot ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.