Elle lit des romans

Le bruit des silences de Valérie Gans

8698026535_e9454c5334_o

 

L’amour est une cage sans barreaux… sinon, c’est juste une cage. Et ce n’est pas de l’amour.

Un titre énigmatique, une jolie couverture lumineuse et un auteur à découvrir : il n’en fallait guère plus pour me convaincre de m’intéresser à ce roman…

Depuis son divorce, Lorraine se consacre exclusivement à ses deux adolescents, Bastien et Louise, et à la boutique de fleurs qu’elle tient avec sa meilleure amie Maya. Mais à l’occasion d’un enterrement, elle recroise la route de Cyrille, son grand amour d’école primaire, et retombe dans ses bras, bien qu’il soit marié.

Dans ce roman, l’auteure parvient avec beaucoup de talent à conjuguer beaucoup de thèmes : la reconstruction, la perte de soi, l’identité, l’homosexualité, l’infidélité, le harcèlement psychologique, le tout sous-tendu de la question centrale de la constellation familiale : sommes-nous, dans nos choix de vie, conditionnés par des schémas familiaux qui se transmettraient de génération en génération et dont nous n’avons pas toujours conscience ? Il n’y a, bien sûr, pas de réponse, mais une exploration des voies possibles à travers le parcours des différents personnages, principaux ou secondaires. On pourrait reprocher à l’auteure d’appuyer de manière un peu trop marquée les différences entre les sexes : les hommes, notamment, sont essentiellement infidèles, lâches, manipulateurs voire violents, menteurs, mais se doivent de ne pas pleurer, d’être virils, en un mot de faire l’homme. Cependant, malgré nombre de ces défauts typiquement masculins qu’il représente, le personnage de Cyrille s’avère particulièrement touchant et intéressant, et il est regrettable qu’il n’ait pas été un peu plus profondément creusé afin d’en faire jaillir plus visiblement la complexité, qui se sent mais ne parvient pas totalement à émerger. Mais l’ensemble tient la route, est intéressant et permet de se poser quelques questions essentielles concernant l’amour, le couple, les relations hommes-femmes, et s’avère plutôt bien écrit (à l’exception d’une utilisation un peu fantaisiste des conjonctions de subordination détachées de leur antécédent, ce qui donne parfois des phrases un peu bizarres, mais c’est certainement voulu vu la récurrence).

Un bon roman donc, plutôt plaisant, souvent touchant, et un auteur à découvrir !

Le Bruit des silences
Valérie GANS
Lattès, 2013

11 comments on “Le bruit des silences de Valérie Gans

  1. En tout cas la couverture est belle!

    J'aime

  2. Salut ! Ça a l’air chouette. Pourrais-tu donner au moins un exemple de la construction grammaticale que tu décris ?

    Sinon, je connais un titre encore plus énigmatique, et bien plus beau, pour un livre très bizarre d’un auteur qui l’est encore plus : Traduit du Silence.

    J'aime

  3. Encore une auteure inconnue pour moi, c’est un premier roman ? La couverture est une réussite, joyeuse et colorée…

    J'aime

  4. Oui, jolie couverture et joli titre mais un enthousiasme modéré de ta part tout de même…

    J'aime

  5. geraldinecoupsdecoeur

    Comme je ne sais plus du tout ce qu’est une conjonction de coordination, ce défaut ne me dérangera sans doute pas trop. L’histoire et les sujets me tentent, alors je note !

    J'aime

Un petit mot ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :