Elle écrit

Éloge de la curiosité

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La curiosité n’est pas un des sept péchés capitaux. Pourtant, on dit souvent d’elle que c’est un vilain défaut. Ce qui n’est pas vrai. En tout cas, ce n’est pas toujours vrai : bien sûr, il y a parfois un désir de connaître qui peut s’avérer malsain, lorsqu’il se dissout en voyeurisme, comme nous le montrent tous les jours les magazines people et les émissions de télé réalité, ou intrusif, lorsqu’il pousse à poser des questions indiscrètes. Mais ce sont des cas extrêmes, car la curiosité est plutôt une jolie qualité…

La curiosité, c’est l’intérêt, le désir toujours renouvelé d’apprendre de nouvelles choses. La curiosité, c’est une quête, de savoir, de vérité.

La curiosité, c’est être attentif aux autres. Celui qui n’aime pas les gens n’a rien envie de connaître de leur vie, de leurs goûts, de leurs désirs, de leurs rêves. Le curieux peut parfois paraître impoli dans sa quête de renseignements, souvent maladroit, mais c’est souvent pure naïveté, voire tendresse. Lorsque j’apprécie une personne, j’ai naturellement envie d’en apprendre plus sur elle.

La curiosité, en ce sens, est un des caractères de l’état amoureux. Le processus de cristallisation passe nécessairement par le désir de tout savoir de l’autre, même les détails les plus insignifiants. Quelle est sa couleur préférée ? Que mange-t-il le matin au petit déjeuner ? Préfère-t-il le thé ou le café ? Quel livre est en ce moment sur sa table de chevet ? D’où lui vient cette petite cicatrice au coin de l’oeil ? Dort-il à droite ou à gauche dans le lit ? Quel est son peintre favori ? Quelle était sa matière préférée à l’école ? Tout cela, Flaubert l’avait bien compris, lui qui fait passer le coup de foudre de Frédéric Moreau pour Madame Arnoux par une phase de curiosité intense : « Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu’elle avait portées, les gens qu’elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n’avait pas de limites. »

La curiosité, c’est un élan vers l’autre. Lorsque je me prends à avoir envie d’en savoir plus sur un homme, c’est le signe que je suis, un peu, en train d’en tomber amoureuse…

18 comments on “Éloge de la curiosité

  1. je retiens l’élan vers l’autre…

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  2. Je suis d’accord (outre la curiosité-voyeurisme) que c’est une qualité, elle nous pousse à aller explorer des terrains toujours plus loin, je ne la réserve pas qu’aux gens !

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  3. j’aime beaucoup ton éloge de la curiosité.

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  4. 🙂 quand j’apprécie une personne je suis toujours curieuse d’en savoir plus sur elle et la curiosité ça donne aussi le désir d’apprendre (de se cultiver, d’apprendre une langue, un sport, de connaître un peintre, un chanteur,…) et c’est un super moteur

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  5. Astrolabe

    Très joli texte ! J’ai repensé au passage de Flaubert juste avant de le voir se matérialiser sous mes yeux … Je partage ta vision de la curiosité comme marque d’amour car c’est vraiment un trait de ma personnalité, je me livre avec parcimonie mais j’aime poser des questions à mes proches sur leur quotidien…au point que certains m’imposent un quota de questions…

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  6. je ne peux qu’approuver, il n’y a pas plus curieuse que moi, et je le revendique comme une qualité 🙂

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  7. J’adore ! (bon, faut que je change de verbe, j’ai l’impression de dire la même chose à chaque fois que je commente chez toi !)

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  8. Le plus dur, à mon sens, est de réussir à la réprimer suffisamment pour ne pas saturer son entourage. Internet pour ça m’a été salvateur : on peut y trouver si souvent sa réponse tout seul ! Le problème, c’est qu’une fois la curiosité assouvie vient le moment où l’on veut en partager les fruits… et là encore ça peut rapidement agacer au bout du 10ème « tu savais que…? » de la journée. Du coup ? Rebelote, on retourne sur Internet et on ouvre un blog.

    Mince, j’ai plus parlé de moi que de ton article :/

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  9. anaelle tchicaya tam

    j’ adore ton texte il est trés sensible bravo et donne une image mignionne
    et enfantine de la curiosité

    Aimé par 1 personne

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