Je jetais souvent un oeil vers l’homme et lui aussi m’observait. Notre rencontre était inévitable. Deux rivières qui auraient toujours eu conscience de couler l’une vers l’autre.

Dans la vie, il y a des rencontres qui relèvent de l’évidence. Parfois, cela se produit avec les livres, aussi, et c’est ce qui s’est passé pour moi avec cette nouvelle. Lorsque j’ai lu l’article de Véronique à son sujet, et ce même si elle n’était pas très enthousiaste, quelque chose à fait « ding » dans ma tête (ce sont des choses qui arrivent) pour m’avertir que je devais absolument la lire.

Bruno est un violoncelliste de renom. A 35 ans, il vit avec le fantôme de son amie Anna, morte 20 ans plus tôt, et dont il garde toujours les moufles avec lui. La musique est pour lui un moyen de survivre et de communiquer avec celle qui a disparu. Hannah, elle, garde toujours dans sa poche des glands depuis la mort de son frère Jonathan, en haut d’un chêne. Deux êtres marqués par un passé douloureux et prisonniers de ce passé qu’ils ne parviennent pas à laisser s’envoler, parce qu’ils cherchent à maintenir le lien avec celui qu’ils ont perdu. Leur rencontre était alors inévitable, comme une reconnaissance…

Cette nouvelle, je l’ai lue dans un souffle. Comme, encore une fois, une évidence, comme si elle m’était spécialement destinée. Il faut dire que question « laisser le passé s’envoler », j’ai du travail. Comme les personnages qui, finalement, l’un avec l’autre, apprennent à s’ouvrir à la vie, dans une scène magnifique, au symbolisme évident mais bouleversant. Ce texte est d’une poésie rare, à la fois sur le plan de l’écriture, même s’il s’agit d’une traduction, et sur le plan de sa vision du monde. Une sorte de bulle onirique, où la musique tient une grande place, et où les personnages trouvent enfin ce qu’ils recherchaient désespérément. Un texte court mais intense, dont on sort transformé, et qui m’a totalement conquise, ravie, envoûtée, un petit bijou qui je le sais ne plaira pas à tout le monde mais que je ne peux m’empêcher de vous conseiller.

L’amour commence en hiver

Simon VAN BOOY

Autrement, 2012

Catégorie « histoire d’amour fantastico-ésotérique », même si c’est implicite !

15 comments on “L’amour commence en hiver

  1. Quel titre ! Et ton billet donne vraiment envie. Merci ! Je dois faire un saut à la librairie … En fait j’y vais de ce pas !

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  2. Ton « nvoûtement » est contagieux, je l’ai noté et espère bien le trouver !!!

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  3. c’est pour l’instant mon coup de coeur de cette rentrée littéraire sur les 6 ou 7 que j’ai lu, ravie de voir qu’il t’a séduit aussi!

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  4. Tu parlais d’un texte qui fait « ding » ? C’est exactement l’effet que m’a fait ton article. J’achète cette nouvelle cet après midi même, je la lis ce soir, je te raconte demain.
    Merci 🙂

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  5. Je le savais, je le savais … que ton avis ressemblerait forcément à ça … et je suis donc ravie de te l’avoir fait découvrir ! 😉

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  6. Ping : Les sourires de la semaine #4 « Miss Blemish

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