Les cloches de l’Enfer

Sans titre

Mme Abernathy avait été patiente : on ne pouvait pas exister depuis si longtemps sans apprendre la valeur de la patience. Elle avait enduré le rejet du Mal Suprême, accompli d’innombrables pèlerinages jusqu’à cette montagne où elle avait subi les railleries des démons tout en leur montrant qu’elle n’avait pas l’intention de se laisser oublier. En dehors de ses allers-retours laborieux entre son palais et celui de son maître, elle avait attendu.

Je ne sais pas trop par quel biais ce roman est arrivé jusqu’à moi, attendu que je n’en avais pas fait la demande, mais enfin, il y est arrivé, et comme cela avait l’air plutôt pas mal et distrayant, je m’y suis plongée le week-end dernier…

Il s’agit de la suite des Portes, paru en 2010, mais ce n’est pas grave si vous ne l’avez pas lu car, non sans avoir enguirlandé le lecteur qui se plongerait dans le tome 2 sans avoir lu le tome 1, le narrateur récapitule ce qui s’est passé. Le démon Ba’al, qui se fait désormais appeler Mme Abernathy, s’habille coquettement et décore avec un goût certain son palais, ne se remet pas de son échec cuisant à envahir la terre. Il faut dire que depuis il a été mis au ban de l’Enfer, le Mal Suprême lui fait la tête et les autres démons se moquent de lui, quand ils ne complotent pas pour prendre le pouvoir. Aussi n’a-t-il qu’une idée en tête : se venger du responsable de son échec, à savoir le jeune Samuel Johnson (et son chien). Dès qu’il en a la possibilité, il aspire donc le garçon en Enfer. Mais, petite erreur, il a aussi aspiré quatre nains peu avenants, deux policiers un peu idiots et un marchand de glaces, qui se demandent bien ce qu’ils sont venus faire dans cette galère. En tout cas, il n’est pas sûr que Ba’al parvienne à se venger !

Avec ce roman, John Connoly propose un petit bijou de drôlerie et d’intelligence. Les notes à elles seules valent la lecture, à la fois étonnamment instructives et pédagogiques, et d’un humour ravageur. L’auteur s’amuse, on le sent, avec notamment la physique quantique, la théorie des mondes possibles, qu’il met à la portée de tous tout en marquant une immense érudition, tout en légèreté. Du coup, malgré le côté abracadabrantesque de l’histoire, il parvient à nous faire penser qu’après tout, scientifiquement parlant, pourquoi pas. Et puis, ce roman a un côté totalement burlesque : les démons sont ridiculisés, ils se comportent de façon totalement immature, comme des enfants, et malgré le côté un peu dantesque de cette exploration de l’Enfer et des différentes punitions des différents crimes, on ne peut s’empêcher d’éclater de rire à chaque page. Une belle réussite donc, et un très bon moment de détente !

Les Cloches de l’Enfer

John CONNOLY

L’Archipel, 2012

 

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