Elle lit des romans

Mon père, c’était toi ?

Sans titre

Il aurait préféré garder son père à l’état d’icône fantasmée, tantôt haïssable, tantôt mystérieux. Au gré de ses humeurs, il a imaginé son père fuyant par nécessité, porteur d’un secret trop lourd à partager, sacrifiant sa carrière d’artiste par altruisme. Le choc qu’il a subi en apprenant la mort d’un père mille fois imaginé l’a d’abord plongé dans un profond mutisme ; à présent, il redoute la violence de la vérité. Comme si la fin de cette quête, toute virtuelle qu’elle aité été, le rendait orphelin une seconde fois.

Treizième lecture pour le prix Confidentielles…

Gilles est vendeur au rayon chaussures pour femmes du Bon Marché le jour, et transformiste dans un cabaret de Montmartre la nuit. Il vit avec Lucie, sa compagne, et leur fille Honorine, avec lesquelles il rend régulièrement visite à sa mère Monica et les cinq vieux colocataires de celle-ci, tous plus ou moins artistes. Une vie bien rangée donc, quoique peu banale. Mais un jour, il reçoit une convocation émanant du notaire d’une petite ville normande où il n’a jamais mis les pieds et ne connaît personne. Ce qui l’attend fait basculer sa vie : son père, qui s’est enfui en apprenant la grossesse de Monica, lui a légué tous ses biens, pour l’essentiel un manoir. Accompagné de toute la petite troupe, Gilles part à la découverte de son héritage et de ses secrets…

Ce roman, qui est la suite des Colocs du même auteur (que je n’ai pas lu, et qu’il n’est pas nécessaire de connaître pour comprendre ce volume) ne manque pas de qualités. Souvent très drôle, avec des scènes presque d’anthologie, il pose de manière intéressante la question de l’énigme de l’identité, du puzzle à reconstituer pour se trouver soi, pour comprendre qui on est. Les personnages sont originaux, attachants, j’ai adoré leur côté artistes bohêmes, un peu hors-normes. J’ai donc passé un très bon moment avec ce roman, que j’ai lu en une journée (en général, c’est bon signe que je sacrifie de précieuses heures de sommeil pour terminer un livre). Mais, j’avoue que la fin m’a laissée un peu perplexe : l’aboutissement de l’enquête de Gilles concernant l’identité de son père est totalement cohérente, finalement, mais je l’ai tout de même trouvée « trop » et plutôt invraisemblable, pour tout dire. Et pourtant vous me connaissez, je ne suis pas forcément une intégriste de la vraisemblance, mais là, je trouve que c’est un peu exagéré. Ceci dit, ce n’est tout de même pas très grave, ça reste un très agréable roman, que je vous conseille si vous aimez les univers fantasques et un peu décalés…

Lu par Livrogne

Mon père, c’était toi ?

Vincent PICHON-VARIN

Le Cherche-Midi, 2012

 

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