Au pays des kangourous

Sans titre

Ce matin, j’ai trouvé papa dans le lave-vaisselle.
En entrant dans la cuisine, j’ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de la vaisselle d’hier soir.
J’ai ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans.

Je connaissais Gilles Paris de nom. Mais je n’avais rien lu de lui et je dois avouer que lorsque j’ai reçu la sélection du prix Confidentielles, ce roman ne m’inspirait pas plus que ça, raison pour laquelle je ne l’ai pas lu en priorité. Et bien, de fait, j’avais tort. Si si, je vous jure, c’est absolument incroyable, mais il m’arrive parfois (bien que très rarement) d’avoir tort.

Simon a neuf ans. C’est un petit garçon attachant qui vit l’essentiel du temps avec son père écrivain (mais qui ne publie pas sous son nom). Sa mère, dont il recherche désespérément l’attention, il ne la voit que très peu : sans cesse en voyage d’affaire au « pays des kangourous », elle semble fuir à la fois son mari, qui manque d’ambition, et son fils, qui la dérange et qu’elle chasse toujours d’un geste de la main comme on chasse un moustique. Un matin, Simon trouve son père dans le lave-vaisselle. Il appelle alors Lola, sa grand-mère, une femme fantasque et aimante…

Ce roman constitue donc une très très jolie surprise. J’ai été un petit peu déstabilisée au départ par l’écriture « enfantine », mais en fait, après un temps d’adaptation, on s’y fait très bien. Car comment ne pas s’attacher à ce petit bonhomme à la fois naïf et lucide, qui ne comprend pas vraiment le monde des adultes ? De fait, le tour de force de ce roman est d’arriver à être à la fois léger, plein d’humour, parfois fantasque et onirique (Simon rêve beaucoup, et raconte ses rêves), et extrêmement touchant, voire triste. Il aborde avec beaucoup de délicatesse des thèmes ô combien difficiles : la dépression d’un parent, la disparition de l’autre. Mon seul bémol concerne la petite Lily : on nous dit sur la quatrième de couverture qu’elle est autiste, mais ce n’est jamais dit dans le cours du roman, et franchement, vu la manière dont elle se comporte et sa manie d’apparaître et de disparaître, j’aurais plutôt pensé qu’il s’agissait d’un fantôme ou d’une chimère inventée par Simon. Ou alors, j’ai loupé un élément. Mais surtout, que ce bémol ne vous empêche pas de lire ce magnifique roman !

Lu par Sylire, Géraldine

Au pays des kangourous
Gilles PARIS
Don Quichotte, 2012

2 réponses sur « Au pays des kangourous »

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