Habiter poétiquement le monde

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Dans Les Lisières, Olivier Adam a cette phrase qui a bien failli me faire pleurer tant je l’ai trouvée magnifique : « Tu es fait pour déserter, habiter poétiquement le monde et en rendre compte ». J’ai failli verser une larme parce que, de ce qui est tout de même un peu un défaut, être toujours ailleurs et se révéler incapable de gérer le réel et le quotidien, il fait quelque chose de sublime, une sorte de supplément d’âme qui permet de voir les choses autrement, d’habiter le monde autrement.

Habiter poétiquement le monde, c’est être là sans vraiment y être. C’est voir les choses que tout le monde ne voit pas (mais, parfois aussi, ne pas voir ce que tout le monde voit). C’est donner du sens à ce qui n’en a pas. C’est se perdre dans la contemplation, dans l’absence, dans la rêverie. C’est ne pas s’attacher à la matérialité, au quotidien, au médiocre. C’est vouloir le beau, c’est vouloir l’essentiel.

Habiter poétiquement le monde, c’est être différent. C’est difficile, d’être différent. Parce que les gens n’aiment pas cette différence. L’artiste, le poète, c’est celui dont on dit qu’il est paresseux parce qu’il est rêveur, asocial parce qu’il est méditatif, irréaliste parce qu’il est contemplatif, lent parce qu’il vit à son rythme, inattentif parce qu’il porte attention à autre chose.

Habiter poétiquement le monde, s’est s’en abstraire pour le voir avec les yeux de l’âme.

Habiter poétiquement le monde, c’est un combat quotidien pour le sublime.

Habiter poétiquement le monde, finalement, c’est être baudelairien. Mélancolique, déchiffrer la forêt de symboles qui s’offre à nous et que tous ne peuvent pas lire. C’est être comme l’albatros, que ses ailes de géant empêchent de marcher.

Maintenant, grâce à Olivier Adam, je saurai quoi répondre à ceux qui m’accuseront d’être toujours perdue dans mon monde et mes réalités parallèles. Moi, j’habite poétiquement le monde.

5 réponses sur « Habiter poétiquement le monde »

  1. Catherine

    Bonjour L’Irrégulière, j’arrive de chez Géraldine, c’est vrai que ton billet est bien beau, c’est difficile d’habiter poétiquement le monde, et ça me fait penser que je n’ai jamais lu Olivier Adam.

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