Sans titre

J’avais cessé de croire aux cigognes en même temps qu’au père noël, mais je ne comprenais toujours pas ce que voulait dire cette formule magique qui, dans les livres, faisait crier les hommes et soupirer les femmes, ce paroxysme autour duquel des pages entières étaient écrites sans jamais en donner le sens, ce parcours du combattant qui, d’un auteur à l’autre, prenait deux heures ou trois minutes, rendait les femmes comblées ou amères, mais très souvent enceintes, tournait la tête aux plus vertueuses et pouvait conduire les plus raisonnables aux portes de la folie : « faire l’amour ». Qu’est-ce que cela voulait dire concrètement, techniquement ? A qui poser la question ?

Il s’agit de ma sixième lecture dans le cadre du prix Confidentielles. Une lecture courte, mais intense…

Cela commence très mal : la narratrice a douze ans, et annonce, dès les premières lignes, qu’elle a le matin même avalé tous les médicaments de la maison avant de partir à l’école. Parce qu’il faut faire ce que l’on a vraiment envie de faire, et qu’elle a envie de disparaître. En attendant la fin, elle écrit.

Voilà un texte qui m’a beaucoup remuée, car il aborde avec beaucoup de sensibilité un sujet difficile : le mal-être des adolescents. Même si l’histoire se passe dans les années soixante, il y a dans ce roman quelque chose d’universel et d’intemporel. Il décrit l’enfermement de l’adolescent dans une bulle qui finit par devenir une véritable cellule : on la tient à l’écart, « la petite » comme on l’appelle, la diminuant, lui donnant l’impression d’une existence moindre, même à l’école où elle n’a pas d’amis car elle a un an d’avance. Alors elle  finit par se couper de plus en plus du monde de son propre gré, cherchant à s’effacer, à devenir invisible. C’est une gamine désespérée, qui voudrait être quelqu’un, quelqu’un d’autre surtout, qui ne se sent pas aimée et à qui on ne cesse de donner le sentiment de n’être personne. Une gamine qui cache une véritable âme d’artiste et qui, du coup, ne se sent pas de ce monde. Alors, bien sûr, tout cela pourrait paraître assez lourd et étouffant, d’autant que le texte est finalement très dense, mais il s’agit plus tôt d’une très belle leçon de vie, portée par une écriture percutante et sensible !

Les avis de Sylire, Moka

L’interview de l’auteur :

Interview Michele Halberstadt – La Petite par confidentielles

La Petite

Michèle HALBERSTADT

Albin Michel, 2011

 

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