Sans titre

On se sent vide, et pourtant comblé. On se demande comment on a pu, jour après jour, se lever, s’habiller, manger et boire, et parfois rire, sans se douter que l’autre existait, quelque part. On regarde les gens autour de soi, les arbres, les maisons, les paysages : tout est beau, neuf, différent. L’univers s’est ordonné en fonction de cette rencontre. Il se mêle à l’émerveillement un peu de pitié pour les pauvres êtres qui n’ont pas bénéficié de cette chance extraordinaire, ils sont morts et ne le savent pas, leur coeur s’est arrêté de battre, un jour, sans que personne ne s’en inquiète.

J’avoue, la citation que j’ai choisie de vous mettre en exergue n’est pas vraiment représentative de l’ensemble de ce roman que j’ai reçu des éditions hachette et paru dans la collection Blackmoon. Une surprise d’ailleurs, mais bref, je l’ai réservé pour mes vacances à la plage.

Cela aurait dû être un mariage parfait. Mais voilà : au neuvième pas qu’elle fait dans l’église, Sarah fait demi-tour, terrifiée par on-ne-sait-quoi. Elle part en voiture, embarquant avec elle sa jeune cousine Rébecca et sa grand-mère Lavinia.

Bon bon bon… disons que pour la plage et/ou pour les adolescents, ça se laisse lire, c’est plaisant, un peu palpitant, et certaines choses sont intéressantes, mais je garde au final de cette lecture un sentiment de confusion. D’abord, j’ai été assez désarçonnée par le début : le roman part sur une piste à laquelle je ne m’attendais pas, et qui m’a diablement alléchée, autour de la sorcellerie, des sorcières de Salem, et j’ai d’abord cru à un roman ésotérique où des âmes reviendraient du passé dans une nouvelle vie pour régler leurs comptes. Vous pensez bien, j’étais toute enthousiaste, mais alors après, ça part complètement sur autre chose, du drame, du psychologique, et du Road Novel (c’est la mode ?) ? à dire vrai, j’ai trouvé ce dernier aspect pas inintéressant, avec ces trois femmes qui n’ont jamais eu de lien étroit et qui traversent le pays ensemble, fuyant le tueur qui s’est mis à leurs trousses, en empruntant la mythique route 66. Le personnage de Lavinia, en particulier, est assez intrigant et attachant, un personnage mû par l’amour, mais malgré tout, je me demande si cet aspect-là n’est pas un peu en trop. En outre, je ne suis pas certaine, après avoir refermé le livre, d’avoir tout compris à tout (ce qui est quand même ennuyeux, sachant qu’il s’adresse en priorité à des adolescents…). Ceci dit, l’écriture est agréable, et l’auteur a du potentiel, c’est certain. Mais tout cela est à retravailler !

Bref, on a là donc un roman pas désagréable du tout à lire, construit sur une idée de base plutôt bien trouvée, mais qui au final donne plus l’impression d’être un brouillon qu’une oeuvre véritable et ne tient pas toutes ses promesses. En cela, je rejoins l’avis de Stephie, Pimprenelle, CajouMélisende.

La Trace

Christine FERET-FLEURY

Blackmoon, 2012

 

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