Romans

La Femme et l’ours, de Philippe Jaenada

Sans titre

La vie est mal faite. On ne reste pas longtemps sur terre, objectivement, et pendant cette courte période, cet échantillon de temps, sans voir tout en noir (ni m’estimer plus maladroit ou malchanceux qu’un autre, après tout), on accumule surtout les emmerdes. Si on y pense calmement, à l’écart, si on observe ça sur une maquette, c’est comme si l’on n’avait qu’une seule fois dans son existence l’occasion d’aller aux Seychelles, par exemple, c’est le grand départ, et sur place il pleut pendant toute la semaine, de gros orages et des éclairs, l’hôtel est en travaux et la chambre sent le renfermé, le petit se casse le poignet dès le deuxième jour, une spécialité locale nous vaut soixante-douze heures sur les toilettes, on perd tous ses papiers et c’est déjà l’heure du retour. On l’aurait mauvaise. Bien sûr, on a vu la mer, le sable blanc, les palmiers mouillés, c’était beau, et on a pu se baigner deux heures le jeudi, mais quand même.

Cela faisait longtemps que j’avais envie de découvrir ce qu’écrivait Philippe Jaenada, suite à de nombreux avis élogieux lus ça et là. Et comme malgré ce qu’affirme le narrateur de ce roman la vie est parfois bien faite, il se trouve que l’un de ses romans se trouvait dans la sélection du prix Confidentielles. C’est donc alanguie sur ma chaise longue, comme en témoigne ma photo, que j’ai découvert cet auteur…

Bix, le narrateur-écrivain, n’en peut plus de la routine qu’est devenue sa vie, même s’il aime plus que tout sa femme et son fils. Suite à une dispute, il sort de l’appartement conjugal et se met à faire la tournée des bars, comme dans son ancienne vie.

Alors, malheureusement, je n’ai pas du tout accroché à ce roman. J’ai adoré l’imagination et l’humour de l’auteur, les comparaisons farfelues (« l’argent part plus vite que l’eau dans une passoire à nouilles »), j’y ai trouvé un petit côté Frédéric Dard pas désagréable et je reconnais sans aucune réserve que l’auteur a beaucoup de talent. Mais je n’ai pas du tout adhéré à l’histoire, et j’ai été très vite lassée par cette bande de piliers de bars médiocres, pas attachants, avatars modernes des héros picaresques sans en avoir le panache, à commencer par la narrateur à qui j’avais envie de mettre des tartes, écrivain râté qui en fait n’écrit jamais et préfère s’alcooliser au-delà du raisonnable, abandonnant sa femme et son enfant pour courrir l’aventure. Certaines scènes m’ont laissée totalement perplexe voire pantoise. Alors, certains passages m’ont plu, l’histoire de Jean de l’ours, qui sert de trame au roman, par exemple, mais pas l’ensemble. Du coup, je suis très sceptique, car peut-être suis-je hermétique à l’univers de cet auteur… ça arrive !

lu par Liliba, Sophielit, Cathulu, Lili, EmiR

La Femme et l’ours
Philippe JAENADA
Grasset, 2011 (Points Seuils, 2012)

 

Une réflexion sur “La Femme et l’ours, de Philippe Jaenada

  1. Pingback: La Petite Femelle, de Philippe Jaenada | Cultur'elle

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