Elle se promène

Helmut et June (et Charlotte)

Photo

Jeudi dernier, je me suis fait une journée thématique « expositions de photographie ».

Newton

J’ai commencé la journée par la fameuse exposition Helmut Newton au Grand Palais, exposition que je voulais voir depuis son ouverture, et que j’ai bien failli louper à cause du temps dégueulasse d’avril qui m’a contrainte à annuler ma journée parisienne. Mais fort heureusement, elle a été prolongée. Helmut Newton, je crois, on aime ou on déteste, il n’y a guère de demi-mesure, et moi, j’adore. Il est l’inventeur du porno-chic, dont on commence à se lasser un peu mais qu’il traite avec tellement de brio que ses multiples imitateurs font pâle figure face à ces clichés impressionnants de maîtrise et de talent. Alors oui, évidemment, beaucoup de femmes totalement dévêtues, beaucoup de SM et de bondage, tout cela peut paraître vulgaire, et c’est ce que pensent certains, mais ce n’est pas du tout mon cas. Parce qu’il y a derrière un vrai concept, une vraie vision artistique, et j’ai vraiment apprécié cette visite, qui n’a fait que me confirmer ce que je savais déjà : l’univers de Newton me parle, et je regrette qu’il ne soit plus là pour nous émerveiller encore.

Jubé

Ensuite, je me suis rendue à la Maison Européenne de la Photographie pour voir l’exposition Alice Springs, aka June Newton, la femme d’Helmut. En effet, hasard du calendrier ou réelle volonté des organisateurs divers, chacun a droit à sa rétrospective en ce moment à Paris. Évidemment, les lieux ne sont pas les mêmes : plus confidentiel, plus intimiste, la maison européenne de la photographie n’a rien à voir avec le Grand Palais, et le nombre d’oeuvres exposées non plus. Mais c’est une très très jolie exposition. Ce qui m’intéressait, c’était de confronter les deux, à savoir voir dans quelle mesure le travail d’Alice Springs avait pu être influencé voire phagocyté par celui de son monstre sacré de mari (c’est toujours difficile, dans un couple d’artistes, que l’un ne prenne pas le pas sur l’autre). Et merveilleuse surprise, ça n’a rien à voir. En fait, June est venue par hasard à la photo, un jour qu’Helmut était cloué au lit et l’a envoyée faire une série de photographies à sa place. Si elle a ensuite acquis plus de technique, elle a pourtant gardé un regard innocent et naïf sur les choses. Et j’ai beaucoup apprécié son travail : beaucoup de portraits, quelques hommes nus, des campagnes de pub, et une magnifique série que je vous ai mise en illustration : des femmes (célèbres) avec leur bébé. Donc vraiment, c’est une exposition qui vaut le détour, qui selon moi n’a pas joui d’une couverture médiatique suffisante, donc je vous encourage à aller la voir.

Enfin, puisque j’étais sur place, j’en ai profité pour visiter l’exposition « Charlotte Rampling, albums secret ». Je ne sais pas vous, mais pour moi, Charlotte Rampling c’est vraiment l’incarnation du chic, de l’élégance et du glamour, donc j’étais curieuse de voir ça. L’exposition se divise en trois parties. Dans la première, des photographies de Charlotte prises par les plus grands photographes de la planète, et on peut dire qu’elle les inspire. Évidemment, on y trouve la fameuse photo d’Helmut Newton prise à l’hôtel Nord Pinus à Arles (vous savez, celle où elle est assise, nue sur une table, avec un verre de vin), que l’on peut également voir au Grand Palais d’ailleurs. On y trouve aussi des portraits par June Newton (tout est lié…), mais aussi Peter Lindberg, Bettina Rheims, Paolo Roversi, et j’en passe. Dans la seconde partie, Charlotte Rampling expose ses propres clichés, souvent personnels. Et enfin, dans la troisième elle se fait commissaire d’exposition, et propose un choix d’autoportraits de photographes. A noter que Jean-Michel Jarre a composé une musique originale pour cette exposition. Exposition que j’ai beaucoup appréciée, surtout la première partie d’ailleurs…

Helmut Newton

Grand Palais (jusqu’au 30 juillet)

3 Avenue du Général Eisenhower, 75008

Alice Springs

Maison Européenne de la photographie (jusqu’au 18 novembre)

5/7 rue de Fourcy, 75004 Paris (M° Saint-Paul)

Charlotte Rampling albums secrets

Maison Européenne de la Photographie (jusqu’au 26 août 2012)

 

5 comments on “Helmut et June (et Charlotte)

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