Kaleb

Kaleb

Comment ne plus avoir peur ? En se nourrissant d’amour. Seul l’amour pur compte.

Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé d’avoir l’impression d’aspirer les émotions d’une autre personne. Je ne parle pas seulement de compassion, mais véritablement d’avoir cette sensation d’une émotion qui ne vous appartient pas. Moi cela m’est arrivé, et c’est une expérience assez désagréable : vous êtes là, tranquille, sur votre canapé à siroter un verre, plutôt de bonne humeur, et tout à coup c’est comme une chape de plomb qui s’écrase sur vous, vous ne savez pas d’où ça vient. Cela s’appelle l’empathie, si je croyais à tous ces trucs je dirais donc que je suis empathe (mais voyez comme je suis incohérente, je n’y crois pas) et bizarrement, c’est un phénomène ésotérique que je n’avais jamais rencontré en littérature, contrairement à bien d’autres (ceci dit, ce n’est pas parce que je ne l’avais jamais rencontré qu’il n’existe pas). L’empathie est le sujet de ce roman, Kaleb.

Kaleb a 19 ans et vit avec son père. Il n’a jamais connu sa mère, morte à sa naissance, mais dont il porte le nom. Kaleb n’a pas grand chose à dire à son père, à qui il reproche les incessants déménagements qu’il lui a fait subir toute sa vie, même s’il semble vouloir se stabiliser à Paris. Kaleb ne cesse de se bagarrer. Il est pris d’accès de rage incontrôlables, qui lui donnent l’impression de n’être plus lui-même. Il découvre alors qu’il est une éponge émotionnelle. Un empathe. Il fait siennes toutes les émotions de ceux qu’il rencontre. Et il n’est pas n’importe quel empathe : il est le plus puissant, un EDV, enfant du volcan, et ses capacités grandissent à toute vitesse. Mais bientôt, il se découvre traqué…

J’ai vraiment beaucoup apprécié ce roman, que j’ai trouvé intéressant et bien mené (certaines révélations m’ont paru prévisibles, mais d’autres m’ont laissée baba). Comme je l’ai dit en préambule, j’ai trouvé originale la thématique de l’empathie, et d’autant plus avec l’idée de relier ce phénomène, et plus généralement tous les phénomènes ésotériques, à un volcan islandais, Eyjafjöll (ne me demandez pas de le prononcer). On a presque l’impression d’entrer dans un univers de contes et de légendes, même si la réalité est toute autre : une étrange organisation se livre à une véritable chasse aux sorcières, poursuivant avec un fanatisme effrayant les enfants du volcans, ce qui n’a pas été sans me rappeler Le Centre dans la série Le Caméléon. Et quand je dis que cette organisation est effrayante je pèse mes mots : la quatrième de couverture déconseille le roman aux âmes sensibles, et j’avoue qu’une scène en particulier m’a terrifiée, et que mes pulsions de haine envers le colonel sont elles aussi terrifiantes. Quant à Kaleb… je me suis vraiment attachée à lui, notamment au début, lorsque les émotions négatives le submergent, la colère, la tristesse, la frustration, le désespoir, tant il est vrai que les émotions négatives sont les plus faciles à capter ? mais l’amour nourrit aussi, bien sûr ? et qu’il a peur parce qu’il ne sait pas d’où cela vient.

Si je devais reprocher une chose à ce roman, néanmoins, ce serait que je le trouve finalement un peu trop manichéen, et assez pessimiste, avec l’idée que bon ou mauvais, on ne peut pas lutter contre sa nature. Reste que ce premier tome a largement réussi à me ferrer !

Kaleb

Myra ELJUNDIR

Robert Laffont, collection R, 2012

 

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