Le coeur d’une autre

Le don d’organe, on le sait, est anonyme. On ne peut pas savoir qui était son donneur. Mais les romanciers ont tous les droits, n’est-ce pas ? Et la petite graine était déjà plantée. Que ressent-on avec un nouveau coeur ? Que se passe-t-il, exactement ? Et si on se mettait à voir les choses autrement ? Et si nos réactions, nos sensations, nos émotions, nos intuitions n’étaient plus les mêmes ? (préface)

C’est tout à fait par hasard que je suis tombée sur ce roman, paru initialement en 1998 et qui a bénéficié depuis d’une nouvelle édition, avec une préface de l’auteur, et une autre de son père, Joël de Rosnay qui, en tant que scientifique, donne une perspective intéressante sur ce dont il est question dans le roman. Mais pour tout dire, je crois que ce qui m’a surtout séduite et intriguée, c’est la couverture, puisque je l’ai acheté sans même savoir de quoi il retournait.

Brice Boutard, qui préfère se faire appeler Bruce, n’est pas un homme a priori très sympathique. En tout cas il est très seul, et mène une existence banale dépourvue de toute fantaisie. Mais à la suite d’une greffe du coeur, tout change. Ses sentiments, ses sensations, et surtout ses goûts : il s’habille désormais en rouge garance, et se prend de passion pour la peinture de la Renaissance. Évidemment cette métamorphose surprend tout le monde, à commencer par lui, et il n’a plus qu’une idée en tête : retrouver l’identité de sa donneuse.

Si j’avais beaucoup aimé les précédents romans de Tatiana de Rosnay que j’ai lus, La Mémoire des murs et Rose, celui-ci est un véritable coup de coeur. La thématique de la mémoire des lieux fait place ici à celle des corps, et d’un organe essentiel, que l’on a toujours tenu pour le siège des émotions : le coeur. Évidemment, scientifiquement parlant, ce n’est pas tout à fait réaliste, mais c’est ce qui fait tout le charme de l’histoire. C’est presque un conte, initiatique, où finalement le personnage découvre qu’il ne s’aime pas et qu’il n’aime pas sa vie grâce à la possibilité qui lui est donnée de changer. C’est un personnage qui se bonifie : médiocre et peu attachant au départ, il devient émouvant. Mais finalement, le personnage centrale de cette histoire, c’est tout de même bien Constance, la donneuse, alors même que par principe elle est la grande absente, et qu’elle ne vit que dans le souvenir des personnages qui l’on connue. A vrai dire, j’avais presque l’impression qu’elle allait finir par surgir au détour d’une page pour nous faire la surprise, « Et non, je ne suis pas morte », ce qui est bien évidemment impossible. Mais elle est tellement attachante, sa situation et son histoire m’ont tellement émue, que j’aurais bien voulu mieux la connaître… En tout cas, malgré tout, il se dégage de ce petit roman un optimisme fou qui fait beaucoup de bien !

 

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