BD

La page blanche, de Pénélope Bagieu

J’ai l’impression d’être quelqu’un d’autre. Même mon PRENOM ne m’est pas familier, je suis surprise à chaque fois que je l’entends. J’ose même pas utiliser mes propres affaires, j’ai l’impression de… de… de la CAMBRIOLER ! Mais je suis pourtant pas amnésique ! Je sais où sont les stations de métro, je sais qui est Britney Spears, je sais qu’un icosaèdre est un volume à vingt faces… C’est comme si je n’avais oublié QUE ce qui me concerne MOI : mes études, ma famille, mon adresse…

Il était très probable que je ne résisterais pas longtemps au Pénélope Bagieu nouveau, et, comme on peut le constater, je n’ai vraiment pas résisté longtemps : sorti le 18 janvier, je me le suis presque aussitôt procuré, sans même trop savoir de quoi il retournait, mais je suis une fille confiante (enfin, pas toujours, mais là si).

Une jeune fille émerge un jour sur un banc, toute seule, sans se souvenir ni de ce qu’elle fait là ni surtout de qui elle est. En fouillant dans le sac qui est à ses côtés et qu’elle suppose être le sien, elle trouve ses papiers d’identité et son adresse. Tant bien que mal, elle parvient à rentrer chez elle… commence alors son enquête pour rassembler les morceaux du puzzle que constitue son identité…

J’ai adoré cette BD, qui part sur un thème qui m’intéresse toujours beaucoup, celui de l’identité et de la mémoire. Cela n’a pas été sans me rappeler, d’ailleurs, La vie d’une autre (c’est d’ailleurs bien l’impression de l’héroïne : s’être immiscée  dans la vie d’une autre) et Eternal Sunshine of the spotless mind. Et j’ai trouvé que ce thème était très bien traité, de manière vraiment originale : j’ai beaucoup ri (oui, car c’est drôle) lorsqu’Éloïse  qui a tout de même une imagination débordante, échafaude des scénarios rocambolesques pour expliquer sa perte de mémoire, totalement partielle car elle ne concerne que sa vie. J’ai été touchée aussi, par ce sentiment étrange qui habite notre personnage d’être une inconnue pour elle-même, qui l’oblige à se reconstituer à partir des indices qu’elle trouve, et notamment le contenu de son appartement. D’ailleurs, ça pousse à l’introspection : comment je me verrais si je n’avais à ma disposition que les objets que je possède pour me reconstituer ? ça serait sans doute très… étrange. En tout cas, c’est une très belle BD, à la fois par son scénario (je ne connais pas du tout Boulet, mais il faudra que je creuse la question) et par ses illustrations, grâce auxquelles Pénélope Bagieu confirme qu’elle possède un grand talent : c’est beaucoup moins girly que Ma vie est tout à fait fascinante ou Pénélope (dont je viens de me rendre compte avec horreur que je ne l’ai jamais chroniqué), plus proche de Cadavre Exquis et donc plus à même de toucher un public plus large, éventuellement masculin. Car le sujet de l’album, le désir d’être quelqu’un sans savoir bien qui, est universel, et en fait une fable sur l’identité, celle qu’on peut perdre, ce qui laisse une chance peut-être de tout recommencer à zéro, comme devant une page blanche…

La page blanche

BOULET et Pénélope BAGIEU

Delcourt, 2012

Logo BD du mercredi de Mango 1

 By Mango

 

Un petit mot ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s