Elle se fait des films

La Piel que habito, de Pedro Almodóvar

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Il y a environ un an, j’avais lu Mygale de Thierry Jonquet, roman dont Almodovar s’est librement inspiré pour ce film. Ayant beaucoup apprécié ce roman émotionnellement difficile, et Almodovar étant un de mes réalisateurs préférés car il sait toujours me surprendre et me remuer, j’avais très logiquement plutôt envie de découvrir le film, d’autant que Mygale me semblait parfaitement en phase avec les thèmes obsessionnels du cinéma du réalisateur espagnol.

Le docteur Robert Ledgard, chirurgien esthétique riche et renommé travaille à une peau artificielle résistant aux brûlures et aux piqûres d’insectes. Il donne à cette peau le nom de sa femme, morte quelques années plus tôt carbonisée dans un accident de voiture. Si, lorsqu’il présente ses travaux à ses confrères, il prétend tester le résultat de ses manipulations génétiques sur des animaux, en réalité il se sert d’un cobaye humain : une femme, Véra, qu’il retient prisonnière…

Je ne m’étendrai pas trop sur la question de l’adaptation, tant il est évident que ce film n’en est pas une, ou seulement de très loin : à partir de l’idée de base du roman, Almodovar a laissé libre cours à son imagination débordante, et a laissé s’épanouir à souhait ses thèmes obsessionnels, notamment celui de l’identité. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat est stupéfiant, à la fois très esthétique et pervers, cruel, sensuel. Évidemment, en ayant lu le roman de Jonquet, on est sans doute moins impressionné et moins interrogatif. Par contre j’ai été littéralement fascinée par Antonio Banderas, qui non seulement n’a jamais été aussi beau (sauf dans la bande annonce), mais est proprement stupéfiant et terrifiant dans le rôle de l’inquiétant docteur. Quant à la jeune actrice, Elena Anaya, elle est elle aussi sublime et lumineuse. D’ailleurs, j’aime beaucoup ce qu’Almodovar a fait du personnage de la « victime », qui acquière dans le film une grande profondeur…

Reste que c’est un film que je reverrai avec intérêt, afin d’être sûre d’en saisir toutes les subtilités, car il fait partie de ces films qui ne peuvent se contenter d’être vus une seule fois et qui gagnent à être revus tant ils sont porteurs de sens, afin de mieux les comprendre.

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