signéchanel

Cela ne pouvait plus durer : coup sur coup, Maggie et Eiluned on parlé de ce film documentaire, que je voulais évidemment voir depuis sa sortie sans en trouver l’occasion (disons qu’à chaque fois je le loupe). Face à cette conspiration, je n’ai eu d’autre choix que de céder à la tentation, et dimanche après-midi, bien calée dans mes oreillers, je me suis donc délectée de ce film sur Arte Replay (mais il ne le sera malheureusement plus à l’heure où vous lirez ces quelques lignes).

Signé Chanel, c’est l’histoire de la naissance d’une collection. Tout commence en mai 2004 : la collection croisière vient d’être présentée, et il est temps de s’attaquer à la haute-couture. Comment se construit une collection ? C’est ce que nous allons découvrir, en partant des croquis de Karl Lagerfeld au calme dans son appartement au défilé, véritable performance artistique, et aux achats des premières clientes privilégiées, en passant par les toiles (la première étape, celle de la structure – j’ai failli écrire « sculpture »- à partir du croquis du Maître), le travail des premières d’atelier et des petites mains, le choix des tissus, le montage des robes à recommencer un nombre de fois impressionnant…

On voit aussi travailler les artisans dont s’entoure la maison Chanel : le bottier Massaro, le regretté Lesage, et une touchante vieille dame, Mme Pouzieux, agricultrice près de Montargis mais surtout passementière (elle fabrique les gallons), une des dernières personnes à avoir connu mademoiselle Chanel, et qui possède un savoir-faire unique, comme du reste tous les gens du documentaire.

La devise de la haute-couture chez Chanel pourrait être celle de Boileau : « Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ». On fait, on défait, on refait, on change tout, on recommence. L’atelier ressemble véritablement à une ruche : la comparaison peut paraître peu originale, mais pourtant, je ne trouve pas mieux. Une ruche en ébullition, car le temps est plus que compté !

Évidemment, ce documentaire m’a transportée. Tous ces froufrous, ces bijoux, ces plumes, ces falbalas, des robes à se damner, des broderies dignes d’une princesse, il n’en faut pas plus pour m’émerveiller. La part belle est accordée aux ateliers, avec ces gens qui aiment leur métier avec passion et ne comptent pas leur temps, ces femmes qui nous racontent leurs petites superstitions (le fait que faire tomber ses ciseaux est de mauvais augure alors qu’une toile tombée de son cintre est signe que la robe plaira, que chaque piqûre d’aiguille a un sens différent en fonction du doigt piqué, que les célibataire doivent mettre un cheveu dans les coutures ou la broderie d’une robe de mariée…). C’est amusant, parfois émouvant. Et au milieu de tout ça, les apparitions de Karl, comme s’il était le messie…

Voilà donc un documentaire très instructif, sans doute l’un des meilleurs qu’il m’ait été donné de voir sur le sujet depuis longtemps !

Signé Chanel

Loïc Prigent

Arte France, 2005

 

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