Elle lit des romans

Le Testament d’Olympe, de Chantal Thomas

Je répondis avec des vers de Racine, il me rétorqua par Marivaux. Lui en partisan du hasard, moi en servante de la Providence, nous avons continué de nous lancer des phrases qui nous donnaient raison. La bibliothèque était comme une volière de mots. Nous montions et descendions l’escabeau, allions d’un livre à l’autre, choisissions n’importe quel passage, nous interrompions en riant.

Ce roman, qui me faisait de l’oeil depuis sa sortie et qui avait intégré ma PAL cet été, n’attendait plus qu’une occasion pour que je le lise enfin, et cette occasion est venue avec le nouveau rendez-vous de Sophie qui nous proposait de lire des livres parus en 2010.

XVIIIème siècle, sous le règne de Louis XV. Apolline et Ursule sont soeurs. Nées à Bordeaux dans une famille pauvre dont les parents, et notamment le père, s’en remettent à la Providence pour subvenir aux besoins de leurs enfants (autant dire que ces derniers ne mangent pas souvent à leur faim), elles sont très différentes : autant Apolline semble plutôt soumise, autant Ursule est une âme rebelle. Un jour, elle disparaît…

J’ai fait court pour le résumé, sinon il m’aurait fallu raconter les trois quarts du roman, et cela aurait été dommage, même si ce n’est pas le suspens qui fait l’intérêt de ce roman. Non, l’intérêt est dans le talent incontestable de Chantal Thomas pour faire revivre une époque, en l’occurrence le XVIIIème, qui m’a toujours fascinée, aussi bien les fastes de Versailles et les turpitudes des courtisans que les milieux plus modestes. On a réellement l’impression d’y être tant l’ouvrage est riche et bien documenté. L’intérêt tient aussi dans ces deux destins de femmes si opposées, et notamment celui d’Ursule/Olympe : toute la seconde partie du texte, où elle raconte ce qui lui est arrivé après sa fuite de Bordeaux sous la forme d’une sorte de testament (d’où le titre), où l’écriture devient presque un impératif vital, est un véritable roman d’apprentissage : Olympe, c’est une héroïne de la révolte, qui refuse de se laisser étouffer et surtout qui refuse la médiocrité du destin que lui propose son origine pauvre ; elle rêve de plus, et obtient, du moins un temps, plus. Apolline est plus réservée, plus soumise, et en même temps pas dénuée d’intérêt et de grandeur, et son amour pour Arnaud m’a touchée (ainsi que la chance dont elle jouit dans l’histoire, finalement) ; mon seul regret concernant ce roman, du coup, la concerne, car j’aurais aimé la retrouver un peu après le texte d’Olympe. En tout cas, ce roman, qui interroge sur la Providence, le hasard et la nécessité, est une vraie réussite que je vous engage à découvrir si ce n’est déjà fait !

 Le Testament d’Olympe
Chantal THOMAS
Seuil, 2010

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 By Sophie

 

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