Éphémère dans son essence même, la mode survit néanmoins dans les textes de deux poètes : Stéphane Mallarmé et Oscar Wilde ont été des chroniqueurs de la Mode, célébrant à leur manière les parures féminines, le vêtement, l’aspect frivole ou fantasque des créations de la haute couture.

Voici encore un livre que j’avais acheté à l’époque de ma maîtrise. J’avais au départ envisagé de travailler sur quelques poèmes de Mallarmé, d’où cet ouvrage, mais j’avais vite abandonné : il se trouve que j’aime bien comprendre ce que je lis, et Mallarmé prenant son pied à être obscur et énigmatique, voire carrément hermétique (au sens noble et non celui de tupperware, mais tout de même), lui et moi n’avons pas pu nous entendre. Quant à Wilde, j’ai travaillé sur sa Salomé l’année suivante, lorsque j’ai étudié le thème de la parure dans le mythe de Salomé, mais cet ouvrage ne m’a guère été utile. Pourtant, il est fascinant.

En effet, et on ne le sait pas assez, Wilde et Mallarmé ont tous deux été chroniqueurs de mode. C’est ce que s’attache à nous faire découvrir cet ouvrage, à la fois recueil de leurs articles et essai concernant l’histoire de la mode. D’abord, dans son introduction, Jacques de Langlade pose le décor historique : le rôle symbolique du vêtement dans la société, le rôle du costume dans la révolution et la mode comme moyen de résister à la tyrannie,, la naissance de la Haute Couture avec Worth (il faudra d’ailleurs que j’approfondisse la question, un jour). Puis il entre dans le vif du sujet, avec Mallarmé et Wilde chroniqueurs de mode et directeurs de la rédaction de journaux féminins, chacun dans un style à part, mais tous deux avec un sens de l’esthétique certain. Dans La Dernière Mode, Mallarmé, sous le nom de Marguerite de Ponty, fait se rencontrer l’art poétique et la Haute-Couture, et offre à la fois des conseils et une analyse sur la mode du temps, ainsi qu’une réflexion plus générale et philosophique sur le Mundus MuliebrisQuant à Wilde, il donne à la mode, dans le Woman’s World, ses galons culturels, et en fait un art à part entière : sa vision, dont ne sont pas absents l’humour et le goût du paradoxe qui lui sont chers, est particulièrement esthétisante.

Cet ouvrage est un véritable plaisir d’initié, pour ceux qui comme moi tiennent la culture des apparences comme un art à part entière. Il est surtout très intéressant et instructif, de par l’image nouvelle qu’il donne de deux pointures littéraires du XIXème siècle, et pour ma part, c’est un grand plaisir de lire un Mallarmé écrivant pour être compris.

Noblesse de la robe

Oscar WILDE, Stéphane MALLARMÉ, présentation de Jacques de LANGLADE

Les Belles Lettres, 1997

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