rose

Comment pourrai-je jamais quitter cette maison, mon amour ? Cette haute maison carrée, c’est ma vie. Chaque pièce a une histoire à raconter. Retranscrire l’histoire de ce lieu sur le papier est devenu un besoin terrible, irrépressible. Je veux écrire afin que nous ne soyons pas oubliés. Oui, nous les Bazelet de la rue Childebert. Nous avons vécu ici et, en dépit des embûches que le sort nous a réservées, nous y avons été heureux. Et personne, écoutez-moi bien, personne ne pourra jamais nous l’ôter.

J’ai découvert récemment l’écriture de Tatiana de Rosnay avec La Mémoire des murs, que j’avais beaucoup aimé. Je pensais bien que je poursuivrais la découverte de son univers, mais je ne savais pas encore avec quel roman. C’est un peu le destin qui s’est chargé de choisir pour moi, puisque Sandrine a agité sous mon nez le dernier sorti, et qu’en plus elle en a fait un livre voyageur (ce dont je la remercie vivement) : il n’y avait donc aucune raison pour que je passe mon tour…

Alors que les travaux du préfet Haussmann battent leur plein pour donner à Paris l’allure que nous lui connaissons aujourd’hui, Rose, une vieille femme, s’adresse à son mari mort depuis dix ans, dans sa maison que l’on vient de vider. Située sur le tracé du nouveau boulevard Saint-Germain, elle est en effet vouée à la destruction. Mais si ses voisins s’insurgent contre l’anéantissement de leurs habitations pour des raisons financières, la colère de Rose est autre : elle ne veut pas quitter les murs que son mari a tant aimés, et qui cachent de lourds secrets. Alors, Rose refuse de les quitter…

Encore une histoire de maison, de lieux presques hantés par le passé, mais dans un genre toutalement différent. Ici, c’est d’un pan de l’histoire dont il s’agit : celle du Second Empire, les métamorphoses d’une ville, avec les sacrifices qu’elles rendent nécessaire. C’est particulièrement intéressant de ce point de vue car je ne m’étais jamais posé la question, moi qui aime tant le Paris Haussmannien et le boulevard Saint-Germain, de l’arrachement qu’avaient dû subir les Parisiens expropriés. Mais ce point de vue original n’est pas la seule qualité de ce roman : tout tient dans le personnage absolument grandiose de Rose et le parti-pris narratif de la lettre à l’être aimé disparu. Les sentiments sont merveilleusement bien rendus, dans une atmosphère particulière, parfois triste et parfois beaucoup plus légère. J’ai été touchée par cette histoire d’amour qui se remémore, les beaux jours et les drames, les secrets qui attendent d’être révélés. Le tout est servi par une écriture ciselée, un style parfaitement maîtrisé qui nous invite à suivre les méandres de la pensée du personnage. Vraiment, il s’agit d’une très belle découverte, et je ne saurais trop vous conseiller de lire ce roman hors du commun…

Vous pouvez aller lire les avis de Sandrine, Saxaoul, Stephie, Clara

Rose

Tatiana DE ROSNAY

Héloïse d’Ormesson, 2011

 

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