Petit traité de vie intérieure

traité

Ce petit traité est donc le fruit d’une réflexion personnelle élaborée à partir des courants de sagesse philosophiques d’Orient et d’Occident, de la spiritualité chrétienne libérée de sa gangue normative et de la psychologie des profondeurs. Je n’ai pas d’autre ambition que d’offrir ce qui m’a aidé à vivre et à me construire.

Comme je vous l’ai dit samedi, je réfléchis actuellement beaucoup sur l’idée du bonheur (qu’on se rassure, je ne cherche pas à faire une nouvelle thèse, c’est juste que ça me turlupine). Aussi, j’étais assez curieuse de lire ce livre dont on parle pas mal et qui est parmi les best sellers du rayon développement personnel, et qui nous propose des clés de sagesse universelle, pour apprendre à vivre dans un monde où la religion, rigidifiée en dogme, ne peut plus proposer de réponses aux individus en quête de sens. Ce livre, qui se veut donc empreint de liberté, se retrouve à la jonction de la philosophie, de la spiritualité et de la psychologie.

Autant dire que c’est un petit livre qui part mal, avec un premier chapitre à dominante stoïcienne, et comme rien n’est plus éloigné de ma conception de la vie que le stoïcisme, j’ai failli le refermer. D’autant que je me pose tout de même des questions sur l’idée d’accepter sans sourciller ce que l’on ne peut pas changer et changer ce qui peut l’être, mais je ne vais pas m’étendre parce que pour vous expliquer mon problème il faudrait que je vous raconte ma vie, et bon… enfin bref. La suite est (un peu) plus intéressante. Il est question de confiance, en soi, en les autres, en la vie et de lâcher-prise (là encore, je ne suis pas d’accord sur tout, et ce terme très à la mode et qu’on ne cesse de me seriner commence à me mettre les nerfs en pelote) ; d’engagement entier dans ce que l’on fait, car on est responsable de sa vie et de son bonheur ; d’action, qui est réalisation de l’humanité, mais ne doit pas se muer en hyperactivité ; de méditation ; de connaissance de soi et du monde ; d’acquisition de vertus morales (et notamment la juste mesure en toute chose) ; de liberté ; d’amour de soi ; de règle d’or universelle, « ne fais pas à autrui… » et son corollaire positif, « fais à autrui… » ; d’amour et d’amitié comme éléments indispensables au bonheur ; de non-violence et de pardon (et là, j’avoue que de mon côté, il y a du boulot) ; d’adversité comme maître spirituel (j’y crois peu…) ; d’ancrage dans l’ici et maintenant (ce dont j’ai toujours été incapable, moi je suis toujours dans le passé ou le futur, éventuellement dans un ici et maintenant parallèle, qui sont pour moi des « bulles de bien-être ») ; d’apprivoiser la mort ; d’humour ; de beauté.

Alors, que l’on soit clair, je n’attendais pas un truc décoiffant qui allait révolutionner ma vie et illuminer ma conscience tel Bouddha atteignant le Nirvana. Mais tout de même. Je n’ai pas trouvé grand intérêt à ce livre, je n’y ai rien appris de nouveau ni d’utile, j’ai l’impression que l’auteur a enfoncé toutes les portes ouvertes du développement personnel mais sans donner de réelles « clés » pour appliquer ces grandes idées véhiculées partout. Enfin pour ma part je ne sais toujours pas méditer, ni lâcher-prise, ni vivre dans l’ici et maintenant, et je n’avais pas besoin qu’on me signale que l’amour était indispensable au bonheur, merci bien, j’en ai conscience et c’est un petit peu comme qui dirait le problème. Donc soit ce bouquin est objectivement inutile, soit je suis définitivement perdue pour la sagesse. Bon, je ne nierai pas que certains passages sont intéressants, qu’il y a de bonnes idées de base, mais je le répète, c’est simpliste. La seule chose réellement intéressante et dont je dirai même que c’est un véritable bijou, c’est l’addendum, pastiche d’un dialogue socratique à propos d’une certaine marque de montre au prix prohibitif (vous savez, celle que si on ne la possède pas à 50 ans on a raté sa vie) et de son équivalent dans le monde antique.

Petit traité de vie intérieure

Frédéric LENOIR

Plon, 2010

defiserennite

 Les autres participants sont chez Allie

Une réponse sur « Petit traité de vie intérieure »

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