Elle lit des récits et chroniques

Le trottoir au soleil, de Philippe Delerm

trottoirausoleil

Une part mauvaise en moi ne saurait évoquer le plaisir de l’autre sans aborder le plus mesquin des plaisirs : celui pris contre l’autre, et comme à ses dépens. Enfant, je me rappelle, à la terrasse d’un café, avoir attendu que tous les membres de ma famille aient terminé leur consommation pour déguster enfin mon diabolo menthe.

Il est cependant un domaine où le plaisir de l’autre compte davantage que le sien. Ce plaisir-là restera toujours un mystère. C’est pour cela qu’on fait l’amour.

J’aime énormément Philippe Delerm, sa manière de voir la vie et son écriture simple. Je vous avais d’ailleurs déjà parlé de Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables. Il était donc totalement exclu que je passe à côté de son nouvel ouvrage, évidemment.

Ici, comme toujours avec Delerm, des petits morceaux de vie, les choses simples du quotidien qui apportent du plaisir : manger une figue mûre ou séchée (ce n’est pas du tout le même plaisir !), visiter une brocante, lire, marcher sur un trottoir au soleil… je ne vais pas énumérer les chapitres.

Comme d’habitude donc ? Et non. L’aspect est le même pourtant : l’exaltation de la simplicité du quotidien, des petits plaisirs et petits bonheurs simples de la vie, des pages dédiées à l’Italie, Turin, Venise, la lecture aussi. Des thèmes habituels. Mais aussi… une beaucoup plus grande sensualité. On connaît l’importance des sensations dans l’univers de Delerm : la vue, l’odorat, le toucher, le goût, l’ouïe moins. Mais ici il aborde quelque chose de nouveau : je ne sais pas si c’est le fait d’être à la retraite qui a déverrouillé quelque chose, mais ce livre est beaucoup plus charnel que les précédents, et l’auteur y aborde également le plaisir sexuel. Tout en poésie et en délicatesse bien sûr. Cela commence avec l’évocation du plaisir de déguster une figue fraîche – lisez ce chapitre, c’est un bijou – puis on passe à la « mouillure » délicate. Bref, Delerm se dévergonde, pour notre plus grande joie. Et finalement, ce livre est beaucoup plus personnel également que les précédents : moins de « on » qui pourtant fait l’essence de son style, et plus de « je ». Bref, je suis totalement conquise !

Le Trottoir au soleil
Philippe DELERM
Gallimard, 2011

1 comment on “Le trottoir au soleil, de Philippe Delerm

  1. Ping : Je vais passer pour un vieux con et autres petites phrases qui en disent long, de Philippe Delerm | Cultur'elle

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