Upload image

Le temps suspendit sa course l’espace d’un silence qui traversa l’assemblée. Chacun admirait la beauté de la jeune inconnue. Le prince l’invita aussitôt à s’asseoir près de lui et ne la quitta plus. Le koto, le biwa et la flûte égrenaient leurs notes cristallines tandis que les acteurs chantaient ; les heures filaient…

Toutes les dames de la cour contemplaient cette splendeur céleste et se demandaient où elle avait bien pu trouver pareille étoffe pour son kimono, qui l’avait ainsi coiffée et parée…

Comme vous n’avez pu manquer de vous en apercevoir, je suis actuellement en pleine période régressive, me délectant de contes de fées et d’albums illustrés comme si j’étais encore une petite fille (n’empêche, essayez, c’est très plaisant !). Aussi, lorsque je suis tombée sur ce livre, qui propose la version japonaise de notre célèbre Cendrillon (version qui est aussi ancienne que la nôtre, soit dit en passant : il ne s’agit pas d’une adaptation japonisante d’un conte européen, mais bien d’un conte japonais), conte cher à mon coeur (pas autant que La Belle au bois dormant mais presque), la curiosité l’a encore une fois emportée.

L’histoire est celle de Fleur de cendre, qui subit jour après jour les brimades de sa belle-mère et de ses deux filles. Un jour, l’empereur convie certains de ses sujets à une représentation de théâtre Nô. Bien sûr, Fleur de cendre n’est pas invitée à accompagner ses soeurs, mais une dame blanche lui apparaît, transforme un chou du jardin en magnifique chaise à porteur et pare la jeune fille d’atours les plus beaux qu’on puisse imaginer. Bien sûr, le prince n’a d’yeux que pour la belle, qui s’enfuit à minuit. Mais le deuxième soir, elle part un peu trop tard, et perd sa jolie geta de nacre, que le prince, fou amoureux, recueille précieusement, et grâce à laquelle il va pouvoir retrouver l’élue de son coeur…

Alors l’histoire en elle-même n’a rien de bien original, puisqu’il n’y a guère de variantes par rapport à la version européenne du conte. Il est cependant intéressant de la voir transposée dans une autre culture, et le texte est parsemé de haïkus, qui ajoutent une touche de grâce et de poésie à l’ensemble, si besoin était. Quant à l’objet livre en lui même, c’est une merveille : le papier est magnifique, et les illustrations sont d’une splendeur absolue. Je trouve d’ailleurs à ce sujet que la couverture (magnifique pourtant) ne rend pas suffisamment justice à l’extraordinaire travail d’illustration d’Anne Romby, parce que vraiment, je le redis quitte à être redondante, c’est un album absolument sublime sur lequel je vous recommande de vous précipiter ! Et je vais arrêter là car je pense avoir utilisé à peu près tous les termes laudatifs possibles et imaginables…

2 comments on “Fleur de cendre

  1. Ping : My Fair Lady, de George Cukor | Cultur'elle

  2. Ping : Manolo Blahnik, dessins | Cultur'elle

Un petit mot ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :