Elle lit des romans

Vingt-quatre heures dans la vie d’une femme, de Stephan Zweig

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Je déclarai que cette négation du fait incontestable qu’une femme, à maintes heures de sa vie, peut être livrée à des puissances mystérieuses plus fortes que sa volonté et que son intelligence, dissimulait seulement la peur de notre propre instinct, la peur du démonisme de notre nature et que beaucoup de personnes semblaient prendre plaisir à se croire plus fortes, plus morales et plus pures que les gens « faciles à séduire ».

Il y a des moments dans la vie où une envie forte nous pousse à relire des grands textes, des classiques qui nous ont marqués, et c’est ce qui m’est arrivé ce week-end. Passablement énervée par une lecture en cours dans laquelle j’ai du mal à avancer, je me suis réfugiée dans un texte connu, avec lequel je savais que j’allais passer un bon moment, même si, l’ayant lu il y a longtemps, je ne me souvenais pas de tous ses ressorts.

Nous sommes en 1904, sur la Côte d’Azur, dans une luxueuse villa servant de pension de famille et attenante au Palace Hôtel, où vient d’éclater un scandale : Mme Henriette, une femme de la bonne société, s’est enfuie avec un jeune homme censément rencontré la veille, plantant là mari et enfants. Cet événement fait bien sûr l’animation de la conversation, tout le monde la condamne sans hésitation et trouve peu crédible que le jeune homme en question ait réellement été un inconnu pour cette femme. Seul contre tous, le narrateur soutient qu’une telle folie est possible, et cherche à comprendre, à analyser les déraisons de la passion amoureuse, aidé en cela par une vieille Anglaise, qui lui raconte sa propre histoire.

Que dire de plus ? Ce qui se pose dans le roman, c’est la question de l’existence du coup de foudre, celui dont tout le monde parle mais que bien peu ont eu la chance de connaître vraiment. Une femme (mais j’ai envie de dire : un homme aussi) peut-elle du jour au lendemain tout abandonner pour suivre un homme qu’elle vient de rencontrer ? Ou bien tout cela n’est-il qu’affabulation romanesque ? A cette question épineuse, le roman nous pousse à crier oui, mille fois oui, on peut commettre cette folie, parce que l’amour est folie, et c’est ça qui le rend si beau !

Ving-Quatre heures dans la vie d’une femme
Stephan ZWEIG

(3 commentaires)

  1. Bizarement, je n’ai découvert Stefan Zweig que très récemment et grâce à ce livre. Autant dire tout de suite que je l’ai a-do-ré au point que je ralentissais de plus en plus ma lecture à mesure que la fin approchait, tellement j’appréhendais de terminer ce petit bijou. Du coup, je l’ai prêté à mes parents qui l’ont, eux aussi, adoré et qui me réclament depuis d’autres livres de Zweig dont j’ai découvert également la vie. J’ai donc fait le plein d’autres livres du même auteur, que je ne peux que recommander chaudement. Son texte écrit dans les années 1900 reste étonnament d’actualité et son style moderne et européen, comme il aurait certainement aimé qu’on le définisse.

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