Romans

L’amour, roman de Camille Laurens

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Ce pourrait être une définition de l’amour, celle de Flaubert : la curiosité. Etre, soudain, tellement curieux de quelqu’un, fou curieux. Connaître l’autre, co-naître, naître au monde avec lui, tel est l’unique projet. La phrase la plus éloignée de l’amour, ce ne serait pas « je te hais », mais « je ne veux pas le savoir ».

Comme vous le savez, l’amour est un petit peu mon sujet de prédilection, voire mon fond de commerce. Aussi le titre de ce livre m’a-t-il interpellée, et je me suis dit qu’il devait nécessairement correspondre à mes envies. Sur ce point, je ne me suis pas trompée, puisqu’en effet le sujet central de ce récit est bien l’amour.

Mais comment le résumer ? La narratrice, « je », qui est sans doute aussi jusqu’à un certain point (mais alors lequel ?) l’auteure, se demande ce que c’est que l’amour, comment on sait qu’on aime, et part à la recherche de l’essence de l’amour. « D’où vient l’amour en moi ? », se demande-t-elle, interrogeant tour à tour son histoire familiale, celle de son arrière grand-mère, de sa grand-mère, de sa mère, et de son couple qui se délite, et les textes littéraires et notamment les maximes de La Rochefoucault.

Alors, je dois avouer que ce récit m’a laissée profondément perplexe, et que je suis bien en peine de dire si j’ai aimé ou non. Cela m’a globalement intéressée, surtout lorsque Camille Laurens interroge la littérature à la recherche d’une définition, de toute façon impossible, du sentiment amoureux. Parfois, c’est lumineux. Mais souvent, je me suis perdue. D’abord parce que, globalement, c’est tout de même assez pessimiste, le sous-titre pourrait-être « les histoires d’amour finissent mal, en général », et merci mais je n’ai guère besoin de pessimisme sur la question, en ce moment. Et puis surtout j’ai trouvé l’oeuvre assez brouillonne, elle tourne autour du pot, ne raconte pas vraiment d’histoire mais n’est pas un essai non plus, elle parle d’amour mais finalement, l’amour, on ne le voit pas beaucoup. Enfin, j’ai eu du mal à positionner cet ouvrage sur le plan générique : ce n’est pas un roman, c’est clair, mais ce n’est pas non plus une autobiographie, c’est peut-être de l’autofiction, bref on ne sait pas trop et ce flou artistique m’a un peu gênée, d’autant que l’auteure/narratrice (mais jusqu’à quel point est-ce elle, puisqu’elle écrit sous pseudonyme) ne cesse de faire référence à ses autres oeuvres, notamment Philippe, que je n’ai pas lu, et du coup j’ai eu l’impression qu’il me manquait des clés.

Donc un bilan en demi-teinte, qui me donne néanmoins envie de lire d’autres récit de cette auteure, car j’ai cependant aimé l’écriture et la grande érudition sous-jacente, et je voudrais savoir ce que j’ai loupé…

L’Amour, roman
Camille LAURENS
POL, 2003 (Folio, 2003)

2 réflexions sur “L’amour, roman de Camille Laurens

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