Persuasion

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Tout le privilège que je réclame pour mon sexe (il n’est pas enviable, vous n’avez pas besoin de le convoiter), c’est celui d’aimer le plus longtemps, même quand l’objet ou quand l’espoir ont disparu.

Cela faisait très longtemps que j’avais envie de découvrir Jane Austen, d’autant qu’en ce moment, je lis beaucoup de textes écrits par des femmes, et qu’elle est tout de même une des plus grandes romancières de l’histoire de la littérature. Mais comme je ne fais rien comme tout le monde, je n’avais pas envie de me lancer dans ses textes les plus connus (trop connus par les adaptations) de peur d’être influencée, et j’ai donc choisi Persuasion, sa dernière oeuvre, dont je n’avais jusqu’alors jamais entendu parler, mais dont le résumé me semblait correspondre totalement à mes envies du moment.

Par faiblesse et orgueil, Anne Elliot a abandonné l’homme qu’elle aimait, et qui ne constituait pas, selon son entourage, un assez bon parti pour elle. Huit années ont passé, Anne ne s’est pas mariée et n’a jamais oublié son cher Frédérick Wentworth, que le hasard, ou le destin, appelez ça comme vous voulez, remet sur sa route. Les sentiments d’Anne n’ont pas changé, mais elle se doute que son ancien fiancé, pour sa part, lui en veut encore (ah, la rancune masculine), appréhende beaucoup de le revoir mais comme ils se trouvent dans le même cercle social (d’autant qu’entre temps le jeune homme, toujours célibataire aussi, a acquis un statut qui en fait un parti recherché), Anne doit composer avec les multiples questions qui l’assaillent. Est-ce que, huit ans après, leur amour est toujours vivant ? Qui, de l’orgueil ou de l’amour, sera le plus fort ?

Alors j’avoue que j’ai eu un peu de mal à démarrer et à entrer dans l’histoire, parce que les premiers chapitres ne sont pas d’un grand intérêt et que je n’arrivais pas à fixer qui des deux soeurs serait l’héroïne. Mais alors après, je ne l’ai plus lâché ! Quelle fine analyse des mouvements du coeur face à un homme que l’on a aimé – que l’on aime toujours ! Et pour qui l’on n’est, probablement, plus rien ! Pense-t-il à la même chose que moi, en cet instant ? Le souvenir des moments complices le brûle-t-il aussi ? Cette distance affichée lui est-elle aussi insoutenable qu’à moi ? La moindre action de l’homme est disséquée, analysée, à la recherche de signes, de vestiges de tendresse. Un mot, une attention, un regard, et le coeur s’affole. On croyait l’avoir oublié, et en un instant, huit ans s’effacent… Celles qui me connaissent bien comprendront aussi pourquoi cette histoire m’a touchée, transportée, et pour tout dire revigorée ! C’est beau, c’est plein de délicatesse et d’optimisme ! Bref, je suis sous le charme…

Et j’ajouterais un mot sur la citation que j’ai mise en exergue, et qui répond à une autre à la page précédente : « je crois n’avoir jamais ouvert de livre qui n’eût quelque chose à dire sur l’inconstance des femmes. Les chansons et les proverbes ne parlent que de l’humeur volage des femmes. Mais peut-être allez-vous me dire qu’ils ont tous été écrits par des hommes. ». Et c’est vrai, « Inconstance, ton nom est femme » écrit Shakespeare dans Hamlet. Et pourtant, ce que nous dit ce roman, c’est que l’amour finit toujours par être le plus fort !

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