Elle lit des romans

Mon coeur, tu penses à quoi ?…à rien…

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Quand l’Homme, l’air morne, l’oeil vitreux comme celui d’un merlan vieux de trois jours, vous assure qu’il ne pense à rien, il ment.

En fait, des idées noires tourbillonnent dans sa tête comme des nuages d’orage dans un ciel auvergnat. Circonstance aggravante, il est rentré du bureau avant vous et se tient assis, raide, le menton dans la main, tel Le Penseur de Rodin qui aurait mal au dents.

Je l’avoue : j’ai, à l’occasion, commis cette erreur fatale de demander à un homme « à quoi tu penses ? », question à laquelle j’ai invariablement obtenu la fameuse réponse « A rien ». Réponse qui m’a laissée perplexe, car je n’ai jamais compris comment on pouvait penser « à rien ». Mais bref, là n’est pas le sujet. J’avais entendu parler de Nicole de Buron, en bien, puisqu’on m’avait dit que ses romans étaient tout simplement hilarants. Aussi, quand je suis tombée par hasard sur celui-ci, j’ai bien sûr été tentée. Et effectivement, je l’ai lu très rapidement tant c’était bon, et j’ai éclaté de rire à de nombreuses reprises.

Un soir, lorsque la narratrice rentre chez elle, elle trouve l’Homme de sa vie prostré sur le canapé. C’est qu’il lui arrive un drame : il est mis à la pré-retraite, ce qui pour lui est tout simplement impensable. Mais il est bien obligé de s’y faire, tant bien que mal. Plutôt mal d’ailleurs : comme un enfant incapable de s’occuper tout seul, il ne cesse de déranger sa femme, qui voudrait bien terminer son roman, toutes les cinq minutes, et dès qu’il se trouve une occupation, il provoque une catastrophe. Sa première visite à l’hypermarché, lieu mystérieux où il n’a jamais posé les mocassins, et ainsi digne d’une épopée. Et puis, il faut déménager, car il n’a plus droit à son appartement de fonction…

Il s’agit là d’un véritable livre bonne mine. C’est absolument drôlissime, il y a beaucoup de moquerie à l’égard des hommes qui ressemblent plus à des petits garçons qu’il faut materner qu’à des mâles dominants débordants de testostérone et jouant les Zorro justiciers, mais en même temps une immense tendresse. Et puis j’aime beaucoup la manière dont la narratrice inclut la lectrice dans l’histoire, s’adressant à elle à la deuxième personne. Bilan : j’ai déjà mis les autres romans de la série (oui parce que d’après ce que j’ai compris c’est une série, celui-ci n’est pas le premier mais on peut quand même le lire sans connaître les autres) dans ma PAL !

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