Elle lit des romans

Le coeur régulier, d’Olivier Adam

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Depuis si longtemps je m’y attendais. Il y avait si longtemps que ça me réveillait la nuit. Si longtemps que je m’en tenais pour responsable. Je n’avais pas été là pour lui. Pas assez en tout cas. Et ces derniers mois moins que jamais.

Hier a été dévoilée la deuxième sélection pour le prix Goncourt et c’est avec plaisir que j’ai appris que le dernier roman d’Olivier Adam était toujours en lice. Depuis le début, avant même de l’avoir lu, mon intuition me dit que c’est lui qui sera primé (on verra dans un mois si je peux ranger ma boule de cristal dans un carton ou pas), et maintenant que je l’ai lu, avec un réel bonheur, j’en suis plus que jamais convaincue, car nous avons là un magnifique roman, qui m’a beaucoup touchée et interpellée, même s’il parle des relations entre frère et soeur, et que je n’ai ni l’un ni l’autre.

Nathan vient de mourir. Accident ? Suicide ? Sa soeur Sarah se pose la question, mais penche plutôt pour la deuxième hypothèse. Parce que Nathan était un écorché vif, toujours sur le bord du fil, et elle ressent une culpabilité immense de ne pas l’avoir soutenu comme il en avait besoin, trop enfermée dans son petit confort quotidien. Alors elle part, pour chercher à comprendre. Elle part au Japon, dans une petite station balnéaire où chaque jour des gens se jettent du haut des falaises, et où Natsume, un ancien policier qui en avait assez de ramasser des cadavres, cherche à les sauver et à leur redonner goût à la vie. C’est là-bas que Nathan prétendait avoir retrouvé la paix, et Sarah cherche à comprendre, à suivre ses traces, et chemin faisant elle s’interroge sur sa propre vie. Sur cette relation gémellaire et fusionnelle qui l’unissait à Nathan. Sur l’impression qu’elle a de s’être trompée de voie, de vie. Nathan disait que « vu de loin, on ne voit rien ». Au contraire, Sarah a l’impression que c’est en partant qu’elle arrivera le mieux à démêler les fils de son existence : « vu de près, pris dans le cours de la vie ordinaire, on ne voit rien de sa propre vie. Pour la saisir il faut s’en extraire, exécuter un léger pas de côté ».

Alors c’est un roman assez dur, l’atmosphère en est quasi étouffante, et j’avoue que je n’ai pas pu le lire d’une traite comme je le fais habituellement : j’ai eu besoin de m’en extraire, par moments, pour laisser décanter, pour « digérer ». Mais il reste que j’ai vraiment beaucoup apprécié, à la fois l’histoire, véritable coup de poing, et l’écriture, qui colle parfaitement au sujet. Bon j’avoue que j’ai aussi été marquée par le retour lancinant d’un mot, qui pour certaines raisons me fait signe, et j’ai trouvé la coïncidence très forte, mais ce n’est pas l’essentiel. Nous avons là un très très beau roman, que je conseille vraiment…

(3 commentaires)

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