Elle lit des romans

Marie-Madeleine, un amour infini

mariemadeleine

Je suis la femme de Magdala. Donnée à tous car je suis belle comme la vie, irrésistible comme la jouissance et le malheur. Ils ont mangé mon corps, mordu mes épaules et mes cuisses, bu à mon ventre. Je les ai bercés, griffés et consolés, méprisés et flattés. Je me suis traînée à leurs pieds. Je les ai fait hurler sous mes caresses.

Ils ont cru me posséder, m’acheter, m’asservir, et tous sont repartis immensément creux.

Je suis la femme, la blessure, et le gouffre. Ils viennent tous chercher la mort auprès de moi, respirer leur néant sur ma peau parfumée, et manger leur opprobre.

Il y a quelques temps, je m’étais replongée avec plaisir dans l’histoire de la Reine de Saba et du Roi Salomon écrite par Jacqueline Kelen, et cela m’a donné envie de découvrir d’autres titres de cette auteure. Comme le personnage de Marie-Madeleine m’a toujours fascinée, mon choix s’est porté sur ce petit texte, que je ne saurais classer, vous aller comprendre pourquoi. Pour tout dire, cette lecture m’a laissée assez perplexe et j’ai eu besoin de laisser infuser quelques temps avant de vous en parler.

Ce texte est bicéphale. D’un côté, le récit à la première personne de ce personnage mal connu et composite qu’est Marie de Magdala. Une sorte d' »Evangile selon Marie-Madeleine » qui répond aux Evangiles canoniques où elle est à la fois occultée et maltraitée (alors qu’elle a une place importante dans les évangiles apocryphes et gnostiques). Marie-Madeleine est donc une prostituée, mais pas une vulgaire fille de joie : elle incarne les cultes anciens de la divinité féminine (on comprend donc pourquoi le monothéisme phallocentrique l’a rejetée). Elle dit ces amants, tous ces hommes qu’elle a eus dans son lit et à qui elle a offert une part d’infini, de sacré. Son corps est un temple, celui de l’amour. Et puis un jour vient Yeshoua et se noue entre eux une relation hors du commun, un amour total et absolu.

De l’autre côté, inséré dans ce récit, l’auteur glose : sur la femme et la féminité, sur les cultes païens, le tantrisme, le féminin et le masculin… afin de nous donner les clés pour comprendre.

Alors, globalement, tout cela est intéressant, Jacqueline Kelen fait preuve d’une très très grande culture et sa réflexion est très stimulante. Mais j’ai trouvé cela parfois un peu hermétique, et il m’est arrivé de me perdre. Comme somme toute tout cela m’intéresse beaucoup, je me suis accrochée, mais pour être honnête, je ne conseillerais pas vraiment ce texte à tout le monde, mais seulement à ceux qui sont passionnés par ce type de sujets et qui y trouveront sans aucun doute matière à enrichir leur réflexion.

 

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